Les débuts étonnants de Miyazaki (Le château de Cagliostro, Hayao Miyazaki)

Quand on parle de Hayao Miyazaki, cela va de pair avec un certain engagement, avec une nature plus belle que jamais, avec une poésie et un univers inimitable.

Et bien pas chez le Miyazaki des débuts ! Dans ce dessin-animé de 1979, premier long métrage de ce réalisateur, Edgard la Cambriole s’est mis en tête de sauver la princesse Clarisse de son geôlier le comte de Cagliostro, mais aussi de comprendre l’affaire de la fausse monnaie qu’il a dérobée.

Quelques détails annoncent les animés qui suivront : la fascination pour les machines, pour les hélicoptères et pour les châteaux étranges, les trajets en voiture avec une nature bucolique en fond, les amours impossibles. Malgré tout, on assiste ici à un embrouillamini improbable : un Inspecteur Gadget  à qui il arrive des misères, une demoiselle en détresse éplorée et niaise, mélange entre Laura Ingalls et la Princesse Peach, une Lara Croft tout droit sortie des superproductions américaines, des ninjas qui se transforment en membres du KKK lors du mariage, un ballet aérien dans des rouages qui n’est pas sans rappeler Les Temps modernes… On pense un petit peu à Détective Conan, beaucoup aux dessins-animés en série que l’on regardait petit. Transparaît dans ce dessin-animé l’admiration que voue Miyazaki à l’Occident et à ses symboles, à l’Europe. Il ne faut pas oublier qu’il s’inspire d’Arsène Lupin (un des tomes de Maurice Leblanc se nomme d’ailleurs La comtesse de Cagliostro) pour son Edgard, tout aussi voleur et tout aussi coureur de jupons. La musique est vieillotte, même pas japonaise (à part lors du générique) et il manque cette délicatesse et cette finesse de réalisation qui caractérisent Princesse Mononoké ou Le vent se lève.

C’est pour tout cela que l’on prend malgré tout du plaisir en regardant Le château de Cagliostro, pour cette incongruité farfelue qui nous charme, et pour l’aura de mystère qui flotte dans l’air. On rit, même si on ne s’y attend pas en s’installant : des cascades bizarres, des répliques détonantes et une absurdité séduisante.

Un seul conseil, ne regardez pas ce film en pensant retrouver l’univers enchanteur de Miyazaki. C’est tout autre chose qui émergea du jeune esprit de ce génie. L’humour présent dans ce premier long-métrage disparaîtra peu à peu au profit d’une douce poésie.

La bande-annonce ici 🙂

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