A day lily (La mule, Clint Eastwood)

C’est le second partenariat entre le scénariste Nick Schenk et Clint Eastwood après Gran Torino en 2008. Les deux œuvres mettent en scène un vétéran du Viet Nam (interprété par Clint Eastwood dans les deux cas). Si Walt dans Gran Torino est très taciturne et bravache, Earl Stone revient de la guerre transformé, affable et drôle – en tout cas pour ses collègues horticulteurs. Sa famille subira sa passion pour les lys, pour les fleurs et ne récoltera que des miettes, sa présence à la maison n’étant que très épisodique. Oui mais voilà, quand Internet débarque et avec lui les sites de fleuristes en ligne, Earl se retrouve sur la paille. Alors pourquoi ne pas conduire, comme il aimait tant à le faire quand il était plus jeune, mais conduire pour les autres cette fois ? Une fois, rien qu’une fois… S’il savait.

L’histoire d’Earl Stone, c’est celle (scénarisée) de Leo Sharp, El Tata, la mule adorée du cartel Mexicain pour lequel il serpente les routes. Earl est vieux, drôle, décalé en chanteur posé, et il ne correspond absolument pas à l’idée que se font Bradley Cooper et sa brigade de la DEA (Drug Enforcement Administration) d’une mule. Clint Eastwood est incroyable dans son jeu, on retrouve son regard clair et perçant car, comme le souligne Bradley Cooper, « ce qui est génial chez (lui), c’est qu’à 88 ans, il a dû jouer le fait d’être vieux tellement il est en forme ». Il ne joue que rarement, sa performance n’en est donc que plus remarquable. Ce film est aussi une leçon de vie, combien de fois Eastwood répétera qu’il faut faire passer la famille avant le travail, toujours, que le temps ne s’achète pas. Et puis son personnage est une vraie force de la nature, un exemple à suivre : il croque la vie à pleines dents, se débrouille pour renflouer les caisses, reste délicieusement charmeur. Quant au réalisateur qu’il est, il choisit de faire tourner sa fille, Alison Eastwood, qui a trouvé l’expérience géniale.

Les paysages américains sont un acteur à part entière et sont mis en valeur par de nombreux travellings au centre desquels roule le pickup de Earl. La ferme horticole est sublime et le chef-décorateur, Kevin Ishioka, s’est surpassé, d’autant plus que les lys en question ne fleurissent qu’une journée. La bande-son est géniale et permet de redécouvrir ces musiques country qui font penser à la vraie Amérique, à celle des années 70 dans laquelle on voudrait pouvoir voyager.

Je laisse le mot de la fin à Eastwood : « On pense toujours qu’on a le temps. Peut-être qu’on l’a, peut-être pas. Peut-être que c’est ce que pense Earl. »

La bande annonce ici 🙂

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4 commentaires sur “A day lily (La mule, Clint Eastwood)

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  1. Je suis emballé par votre enthousiasme clairvoyant sur les intentions du nouveau film d’Eastwood.
    Je crois que vous touchez particulièrement juste notamment lorsque vous évoquez cette propension à tailler la route. En effet, Eastwood nous parle conduite. D’un écart de conduite pour être plus précis. Une pente critique, mais il sauve la mise en ne cherchant jamais à jouer les moralisateurs. Certes il défend des valeurs, prend sa part de responsabilité. C’est tout à son honneur.

    Aimé par 1 personne

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