Les inséparables, Stuart Nadler

Trois générations de femmes inséparables

Le titre de ce roman, « les inséparables », fait autant référence aux trois générations de femmes qui sont au cœur de l’histoire de Stuart Nadler qu’à un livre malheureux écrit par Henrietta Olyphant, la doyenne de la famille, un livre rose imaginé pour être féministe et finalement décrié par tous – sauf par les conservateurs et adeptes de Phyllis Schlafly –, calomnié, source de honte et de scènes gênantes. L’auteure de cette histoire, aujourd’hui grand-mère, a perdu son mari, spécialiste de la cuisine française (et du beurre) un peu moins d’un an auparavant : elle commence à faire ses cartons, criblée de dettes et vivant dans une maison qui se délabre peu à peu, comme sa famille. Oona, sa fille, est chirurgienne et s’est séparée de Spencer, un ancien avocat dépressif et addict à ses joints fumés en toutes circonstances. Enfin, Lydia, la petite-fille de quinze ans, revient de sa pension du Vermont après avoir été exclue provisoirement – une sombre histoire de cliché dénudé menant à du harcèlement. Les focalisations s’alternent, donnant voix à un chœur de femmes tendre et savoureux. Les trois héroïnes doivent toutes faire face à des épreuves de la vie et avancer, faire avec la mort et le passé qui hante le présent, avec les souvenirs heureux qui font regretter la séparation. Les relations familiales servent de ciment à la narration, lient ces femmes encore davantage que leurs tribulations respectives.

Un bon roman familial

Stuart Nadler donne naissance à des personnages attachants et drôles, emplis d’humanité et de contradictions. Il signe un roman étonnamment féministe et parvient à se glisser sans peine dans l’esprit de trois femmes, évoquant sans tabou tous les aspects de la féminité, qu’elle soit celle d’une adolescente, d’une adulte, ou d’une vieille dame. Si se retrouvent ici les codes propres aux romans familiaux, Les inséparables, malgré son mordant tendre,n’a pas la morgue inoubliable des Altruistes d’Andrew Ridker, la tendresse infinie d’Une bobine de fil bleu ou le cynisme des romans de Jonathan Franzen. Il se lit avec plaisir, se savoure, mais n’est pas inoubliable pour autant.

Stuart Nadler – Les inséparables
[The Inseparables – traduit par Hélène Fournier]
Albin Michel (Terres d’Amérique)
Mai 2017
416 pages
22,50 euros

Ils/elles en parlent aussi : Les mots de la fin. En lisant, en voyageant. Café Powell. Fragments de lecture.

3 réflexions sur “Les inséparables, Stuart Nadler

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