15 sorties poche de la rentrée littéraire 2021

Si dès la mi-août, arrivent la rentrée littéraire et donc les nouveautés grand-format, c’est aussi le moment où les titres de l’année passée sortent en poche ! Voici quelques romans qui seront à retrouver sur les étagères de vos libraires à la fin de cet été et qui ont été chroniqués sur Pamolico – aimés ou non.

Le ciel par-dessus le toit, Nathacha Appanah

Plein de tendresse et de délicatesse, ce roman de Nathacha Appanah (critiqué ici) est moins dur, moins âpre que ses autres récits. Il dit la maternité et les stigmates d’une enfance étouffante sur les névroses d’une mère. Il dit aussi la douceur qui s’insinue toujours entre les membres d’une famille, si cabossée soit-elle (19 août)

L’amitié est un cadeau à se faire, William Boyle

Ce roman noir endiablé (critiqué ici) entraîne le lecteur sur les traces de trois fortes têtes de trois générations différentes. Féministe et porté par un souffle cynique et exalté, ce titre de William Boyle est un bijou de drôlerie éhonté. Un nouveau roman de l’auteur paraîtra concomitamment en septembre, toujours aux éditions Gallmeister (2 septembre)

La mer à l’envers, Marie Darrieussecq

Rose, l’héroïne de ce roman de Marie Darrieussecq (critiqué ici) agace le lecteur, le laisse insensible, alors que le sujet aurait pu émouvoir et servir de porte-voix à la crise migratoire. En effet, la mère de famille, alors en voyage en croisière, se retrouve physiquement confrontée à ces hommes et à ses femmes sans toit, sans patrie, mais sa niaiserie et la plume, trop bavarde, ne touchent pas (9 septembre)

Étés anglais (La saga des Cazalet, tome 1), Elizabeth Jane Howard

Cette délicieuse première incursion dans le quotidien des Cazalet (critiquée ici), charmante famille anglaise, offre une parenthèse de douceur malgré la pertinence des sujets abordés, intimement liés à la condition féminine à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale. Les péripéties des plus jeunes relaient les problèmes des adultes, entre adultère qui menace et craintes financières (14 octobre)

Le monde n’existe pas, Fabrice Humbert

Dans une mise en abyme affolante et affolée (critiquée ici), Fabrice Humbert remet en cause toute certitude et rappelle que la frontière entre réalité et fiction est plus floue que jamais… Entre polar grandiose et dystopie, Le monde n’existe pas est une gifle, un rappel à la raison (26 août)

La soustraction des possibles, Joseph Incardona

Joseph Incardona se joue des conventions littéraires et s’amuse avec ses personnages, dieu omnipotent et presque sadique qui dresse ainsi une satire brillante du monde de la finance, entre thriller et parodie romantique bien sombre (critiquée ici). Brillant et audacieux ! (19 août)

Isabelle, l’après-midi, Douglas Kennedy

Histoire d’amour poétique (critiquée ici) bien que donnant aux femmes des rôles archétypaux, Isabelle l’après-midi est baigné d’une nostalgie toute douglassienne et pose certaines questions existentielles. Le héros, américain, oscille entre son quotidien d’un côté de l’Atlantique, et sa rencontre parisienne avec Isabelle, très française jusque dans les cigarettes qu’elle enchaîne, ne parvient à se défaire de son obsession, hantés par les choix à faire et ceux à regretter  (7 octobre)

Apeirogon, Colum McCann

Complexe et d’une grande richesse, Apeirogon (critiqué ici), gagnant du prix Elle 2021, est un témoignage, un plaidoyer pour la paix, davantage qu’un roman. Ce livre hybride, fragmenté, relate le deuil de deux pères, l’un israélien, l’autre palestinien, tout en s’attardant sur les oiseaux dans le ciel, le mur qui sépare les deux territoires, l’insouciance trop brève des fillettes tuées par cette guerre sans fin. Poignant mais exigeant (19 août)

Faiseurs d’histoire, Dina Nayeri

Dans un « document » un peu brouillon (critiqué ici), Dina Nayeri relate son enfance d’Iranienne et son exil vers les États-Unis, le parcours du combattant, puis ses efforts pour s’intégrer, ni d’ici ni de là-bas, éternellement déchirée entre deux mondes. Parfois moralisateur, ce récit a le mérite de donner un aperçu de ce que vivent les migrants, ceux qui échouent et ceux qui arrivent à destination – mais jamais totalement (19 août)

Sale gosse, Mathieu Palain

Si les premières pages de Sale gosse (critiqué ici) ont les défauts d’un premier roman, parfois confuses et brouillonnes, l’histoire de cet adolescent qui est né « du mauvais côté de la vie » devient rapidement touchante. L’alternance de focalisations, entre joueur de foot qui rêve de grandeur et éducateurs qui font de leur mieux, donne encore davantage de force à cette clameur, à ce cri du cœur d’un journaliste qui sait de quoi il parle (25 août)

Retour à Martha’s Vineyard, Richard Russo

Dans ce roman (critiqué ici), trois amis retournent sur cette île au large de la côte atlantique américaine, hantés par leur passé et la disparition de la fille de la bande. Entre souvenirs et révélations, leur séjour a un goût de nostalgie ensoleillée, les héros portant sur leur jeunesse le regard attendri mais aussi sceptique de soixantenaires (19 août)

Avant la longue flamme rouge, Guillaume Sire

Ce roman d’une poésie sans fin (critiqué ici) fait renaître de ses cendres le Cambodge d’avant les Khmers Rouges, vu par les yeux de Saravouth, enfant bientôt terrorisé dans ce pays à feu et à sang. Guillaume Sire dit avec une infinie douceur les ravages de la guerre, pare les escarbilles de poussière d’étoiles (18 août)

Un garçon sur le pas de la porte, Anne Tyler

Ce n’est sans doute pas le meilleur livre d’Anne Tyler (critiqué ici) mais, comme ses autres récits, il met en scène le quotidien d’un habitant de Baltimore, avec ses névroses et ses habitudes qui font nécessairement sourire (16 septembre)

Glory, Elizabeth Wetmore

Ce roman choral (critiqué ici) donne à voir l’Amérique des années 1960, entre puits de pétrole et terres asséchées, les femmes ayant la parole, chœur de voix amères liées par le viol d’une jeune fille. Il marque au fer rouge, comme ont été marqués le corps de ces femmes, les uns par les grossesses, les autres par la violence, les dernières, chanceuses, par l’amour (19 août)

Les dynamiteurs, Benjamin Whitmer

À la mode de Mark Twain, Benjamin Whitmer signe un roman d’apprentissage noir (critiqué ici) avec la fin du XIXème siècle pour toile de fond. Entre candeur enfantine et maturité d’un jeune qui a souffert, le héros est pris dans un tourbillon d’aventures ébouriffantes dans le Détroit d’un autre temps (19 août)

13 réflexions sur “15 sorties poche de la rentrée littéraire 2021

    1. Et Les contreforts du même auteur sort chez Calmann Levy le 19 août 😊
      J’ai eu l’idée en me baladant sur le blog Mes échappées livresques qui a posté sa wishlist des poches à paraître alors… 😉
      Je pense bien que son originalité et l’hommage qu’il représente ont tout pour te plaire !
      Bonne journée à toi Fred 🙃

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  1. Maximelefoudulivre

    Bonjour Céciloule,

    Superbes idées ! J’en ai déjà lu quelques uns (Sale gosse, les dynamiteurs et l’amitié est un cadeau à se faire) et j’ai aimé.

    Pourquoi pas en ajouter à ma liste en attente 🙂

    Bonne journée

    Aimé par 1 personne

  2. que de tentations!heureusement j’ai déjà lu « Apeirogon » (je n’ai pas pu attendre j’ai acheté le grand format merci les achats d’occasion) « Glory » et « Avant la longue flamme rouge » 3 coups de cœur pratiquement…
    Isabelle l’après-midi m’a déçue
    prochains achats « La soustraction des possibles » que j’ai découvert grâce à toi et « étés anglais » pour enfin commencer « La saga de Cazalet »

    Aimé par 1 personne

    1. Avant la longue flamme rouge reste indétrônable pour moi mais Glory m’avait beaucoup plu également. J’ai été moins emballée par Apeirogon, trop décousu, fractionné, meme si l’hommage et le message sont superbes.
      Pour les Cazalet je suis sûre que tu seras conquise, pour La soustraction des possibles, j’ai plus de doutes parce qu’il est vraiment particulier. À voir 😉

      Aimé par 1 personne

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