Docteur Foster, Mike Bartlett (saison 1 et 2)

Gemma, le Docteur Foster est de tous les plans de cette série en deux saisons. Mariée depuis de nombreuses années à Simon, et mère de Tom, dix ans à peine, cette Britannique est comblée. Mais un jour, elle retrouve un cheveu blond sur une veste de son mari. Elle-même est brune… La tromperait-il ?

Sorte de Marriage Story non-binaire, étiré et décortiqué, les épisodes créés par Mike Bartlett, disponibles sur Netflix mais originellement diffusés sur la BBC, s’attardent sur la découverte de l’adultère, sur la remise en question du couple, sur la fin d’une vie à deux et sur le désamour qui culmine en une haine de l’autre absolue. Suranne Jones, l’actrice principale, porte la série. Elle est au centre de toutes les scènes, de toutes les manigances. Tout gravite autour de son histoire, de sa descente aux enfers puis de sa lente mais certaine résurrection en ange vengeresse, déterminée à détruire la vie de celui avec qui elle partagea tout (Bertie Carvel) – et, par extension, celle de celui dont il est tombé amoureux, Kate. Cette dernière, à qui Jodie Comer prête ses traits, aurait sans doute mérité davantage d’attention, peut-être un chassé-croisé plus égalitaire. En effet, seul un épisode (dans la deuxième saison) se penche réellement sur sa vie, sur ses sentiments, confronte son émotivité à celle de Gemma qui prend tant de place, qui absorbe toute la série, l’attire à elle. Le reste du temps, Kate apparaît comme la voleuse, comme la briseuse de ménage, alors qu’elle est plus que cela. Le spectateur tend nécessairement à s’identifier à Gemma, la brune quarantenaire, qui occupe l’écran, et à faire siens ses ressentis et ses émotions : peut-être la présence plus appuyée de cette jeune actrice blonde et solaire aurait-elle apporté davantage de nuances et de profondeur à un propos finalement très unilatéral et à des images aux couleurs très ternes et tristes. Loin de l’énergumène cynique, expressive et paradoxalement très enfantine que Jodie Comer incarne dans Killing Eve, elle retrouve ici la gravité qui anime son visage dans The White Princess, à la fois glaciale et fragile.

Docteur Foster, cette série un peu lente mais très psychologique, filme les déboires d’une femme forte qui se reconstruit, qui s’arme et se barricade, prête à tout pour protéger son fils de celui qu’elle considère presque comme un criminel. Loin de se limiter à ce propos domestique, la série s’intéresse également au métier de l’héroïne et donc au quotidien d’une généraliste en Angleterre, loin de gagner des millions. La vie est dure, les journées sont longues et souvent plombantes. Enfin, notons que c’est l’existence d’une femme de quarante ans, mère célibataire, qui se déroule sous l’œil scrutateur du spectateur, ce qui n’est pas si fréquent à la télévision…

La bande-annonce est disponible ici.

Ils/elles en parlent aussi : Le blog des cinécurieux

10 réflexions sur “Docteur Foster, Mike Bartlett (saison 1 et 2)

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