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Critiques, cinéma français

Felicità, Bruno Merle

Felicità est une comédie douce-amère qui manque de se transformer en drame avant de renouer avec ce premier genre. Majoritairement filmé du point de vue de la fille de la famille, Tommy (Rita Merle), la réalisation revient sur le quotidien de ce trio étrange, composé de Tim (Pio Marmaï), de Chloé (Camille Rutherford), et de leur enfant de onze ans. Cette dernière a un visage très expressif, de grands yeux bruns et quand elle n’a pas son casque anti-bruit vissé sur les oreilles, elle pose un regard tantôt espiègle tantôt indifférent sur le monde qui l’entoure et sur les frasques de ses parents, « décomplexés » selon le propre terme de Bruno Merle, le réalisateur. Tous deux aiment à raconter des histoires à l’autre, inventant des mensonges toujours plus élaborés que son conjoint (ou sa fille) croit déceler derrière les paroles très convaincantes du mythomane devenu professionnel. La réalité n’est jamais certaine, et le ton de cette réalisation qui aime à se jouer des normes et des flashbacks pour mieux déconstruire la vérité avec humour est donc résolument malicieux. La Bretagne prend des airs d’été, se pare d’une lumière dorée qui caresse les boucles de la petite héroïne et remplit l’habitacle de leur vieille voiture, dominé par une poupée hawaïenne hippie. Dissimulé sous la routine qui semble plutôt rose de prime abord, la réalité s’impose bien vite au spectateur. Chloé est femme de ménage, Tim ne paraît pas occuper un poste stable, mais son passé plane comme une menace à peine voilée au-dessus de la petite famille. Quant à Tommy, si les grandes vacances sont un soulagement un peu ennuyeux pour elle, l’appréhension teintée d’impatience qui précède la rentrée scolaire pèse sur ses épaules et sur ses pensées. Cette année, elle veut arriver à l’heure. Elle veut s’intégrer, montrer qu’elle a grandi, qu’elle est digne de l’intérêt des pestes populaires et mauvaises langues.

Les trois acteurs ont trouvé une dynamique solaire. Les échanges fusent, la relation entre eux trois semble naturelle et ne pose jamais question. Le tournage aurait pourtant pu être complexe : Bruno Merle a choisi sans hésiter sa fille pour interpréter Tommy, sachant qu’il pourrait davantage la pousser qu’une autre jeune comédienne. Cela n’empêche pas Pio Marmaï d’être très crédible en père poule un peu ours mais affectueux tandis que l’acteur signe une nouvelle fois pour une comédie française plaisante et attachante après Je promets d’être sage et En liberté.

Felicità propose donc une petite heure et demi de « balade », émouvante et tendre, à savourer en famille.

La bande-annonce est disponible ici.

Ils en parlent aussi : Cinéphiles 44, Cinédingue, Chronique cinématographique, Lilylit, Le cinéma avec un grand A

11 réponses sur « Felicità, Bruno Merle »

Bonjour Ceciloul, j’avais justement envie de regarder ce film, surtout que la bande annonce et le résumé qu’on peut lire sur internet, ne dévoile quasiment rien de l’intrigue. Mais je dois avouer que le précédent film de Bruno Merle, Héros avec M.Youn, m’avait moyennement intéressé, malgré l’audace de son scénario. Du coup je ne sais pas trop quoi penser de celui-là.

Aimé par 2 personnes

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