Olive, enfin, Elizabeth Strout

Elizabeth Strout renoue avec Olive, son héroïne grâce à laquelle elle a remporté le prix Pulitzer en 2009. La professeure de maths est aujourd’hui veuve et à la retraite. Son franc-parler et ses remarques acerbes en font un personnage incontournable de Crosby, la petite ville du Maine où elle vit. Ainsi, Olive, enfin semble être un recueil de nouvelles parcouru par la vieille dame qui déambule d’une vie à l’autre, croise des existences et revoit ceux qui ont été ses élèves. Plusieurs focalisations se succèdent, certaines sans d’autres liens avec les autres que Crosby et la vague présence, en arrière-plan, d’Olive et de ses mots sans filtre.

Elizabeth Strout parvient à raconter la vie de famille s’étiolant et la vieillesse s’installant doucement, semblable à cet automne qui semble interminable dans le roman, saison qui voit les arbres se dénuder peu à peu, les feuilles tomber, la vie partir peu à peu. En cela, l’auteure a des préoccupations semblables à celles d’Anne Tyler qui elle aussi évoque à plusieurs reprises l’entrée progressive dans le troisième âge. Malgré tout, ici, si les multiples perspectives adoptées par Strout permettent de varier les angles de vue, les personnages restent semblables à ceux de nouvelles trop courtes pour leur permettre de devenir attachants, d’acquérir un ancrage dans l’esprit du lecteur. Ils apparaissent brièvement, émeuvent et disparaissent, emportés par la maladie, le temps où simplement dissous dans le reste du livre, par les préoccupations d’Olive, narcissique d’après sa belle-fille. Comme Quatre heures, vingt-deux minutes et dix-huit secondes était prétexte pour Lionel Shriver à se laisser aller à critiquer la société moderne, Olive, enfin laisse également transparaître quelques réflexions amères sur l’intolérance, le racisme, les abus sexuels et les incestes, autres liens entre les personnages qui se frôlent pendant quelques pages avant de s’éloigner.

Olive, enfin est en lice pour le Grand prix de littérature américaine.

Merci aux éditions Fayard et à NetGalley pour cette lecture.

Elizabeth Strout – Olive, enfin
[OIive, Again – traduit par Pierre Brévignon]
Fayard
25 août 2021 (rentrée littéraire 2021)
368 pages
22 euros

Ils/elles en parlent aussi : Tu l’as lu. The unamed bookshelf. Hop! sous la couette

9 réflexions sur “Olive, enfin, Elizabeth Strout

  1. Ping : Où vivaient les gens heureux, Joyce Maynard – Pamolico – critiques romans, cinéma, séries

  2. Ping : Olive, enfin, Elizabeth Strout — Pamolico – critiques romans, cinéma, séries – Le Vélin et la Plume

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