Love After Love, Ingrid Persaud

Depuis la mort de son mari qui la battait, Betty élève seule Solo, son fils désormais adolescent. Emménage alors chez eux l’un des collègues de Betty, Mr Chetan, un vieux garçon timide et gourmet qui cache des secrets inavouables – en particulier à Trinidad et Tobago. Pourtant, ils ne sont pas plus gros que ceux qu’a enterrés la jeune mère des années auparavant… Lorsque Solo découvre ce qu’elle dissimule, il s’enfuit, part aux États-Unis chez son oncle, se confrontant à la précarité de la diaspora insulaire et, bientôt, aux risques inhérents aux sans-papiers, entre mal du pays, lutte pour la régularisation, emplois instables et malveillance criminelle.

Ingrid Persaud parvient à faire souffler une brise caribéenne sur Love After Love, lourdes des parfums tropicaux de noix de coco, de passion et de curry, salins et entêtants. Elle donne naissance à des personnages cabossés par la vie qui se consolent au contact les uns des autres, qui se reconstruisent, cicatrisent malgré la morsure du sel sur les plaies, grâce à l’amour qui vient après l’amour, à l’amour qui renaît après la haine – Love After Love.

Bien davantage qu’une grande empathie, les héros suscitent un certain agacement, peut-être dû à un léger manque de profondeur ou bien à la plume, prosaïque, et ce même si certains passages sont tendres et touchants. En outre, l’autrice aborde trop de sujets forts et polémiques, de l’homosexualité aux violences domestiques, en passant par l’immigration, le deuil et le mal-être psychologique adolescent. Elle les mêle de façon intelligente mais leur accumulation rend l’ensemble lourd et peut-être peu crédible, tout comme la simplicité familière des phrases qui se succèdent. Les voix s’alternent, chacun des trois protagonistes répondant aux autres. La narration à la première personne donne ainsi une couleur particulière au roman tout en le desservant. Love After Love, sincère mais maladroit, pâtit en effet de cette plume très oralisée et parfois désinvolte, voire crue – certes source de davantage d’authenticité – et, de fait, manque d’air et de justesse.

Merci aux éditions Les Escales et à NetGalley pour cette lecture.

Ingrid Persault – Love After Love
[Love After Love – traduit par Carine Chichereau]
Les Escales
3 février 2022 (rentrée littéraire d’hiver 2022)
23 euros
416 pages

Ils/ elles en parlent aussi : Literature and Travels. America Nostra. Culture vsnews

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