Catégories
Romans français

Les corps insurgés, Boris Bergmann

Parce que nous, les hommes, sommes faits pour nous révolter. Pour exister, il faut nous manifester, faire plus vive la flamme qui nous anime. Insurger notre corps. L’essence même de l’espèce humaine – se dresser face à une injustice, défendre une cause. Faire brûler son âme, illuminer chaque partie de sa carcasse. En 1740 en Italie, en 1970 à Paris, entre Casablanca et la France en 2020. Trois hommes qui brûlent. L’un pour la peinture et une fille de joie, incarnation de la Beauté qu’il recherche désespérément ; l’autre pour la révolution et l’étincelle rebelle ; le dernier pour un cousin jamais oublié ou pour sa foi défectueuse. Lorenzo, Baptise et Tahar sont humains, leur corps habité par la même folie lumineuse. Boris Bergmann entremêle leur vie en un roman hymne à notre condition, ou trace plutôt trois droites parallèles qui jamais ne se touchent, mais se répondent. Le « Il » de Lorenzo, le « Tu » de Baptise et le « Je » de Tahar s’accordent, leurs mains en effleurent d’autres, leur dos accueille les brimades et les accolades, leur cœur résonne des mêmes échos, la même rage embrase leur âme. Ils se confondent en un seul et même organisme tout en étant uniques. Tous reliés, chacun différent.

Poésie et sonorités rimant rythment ce roman dont l’objectif déconcertant reste obscur de longues pages. Le lecteur lit sans savoir pourquoi, dresse des parallèles inévitables entre ces trois êtres, ces trois corps insurgés aux vies si dissemblables et si étrangement similaires. Parce que la passion est le sentiment le plus violent, celui qui rend vivant, à toute époque, de tout temps. Impossible de trancher : peut-on aimer notre humanité ? Nous sommes condamnés à vivre notre condition, sans nous poser la question tout comme nous sommes condamnés à terminer ce livre aux résonances presque philosophiques.

Merci aux éditions Calmann Levy et à NetGalley pour cette lecture.

Ils en parlent aussi : Les maux dits, Valmyvoyou lit

3 réponses sur « Les corps insurgés, Boris Bergmann »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s