Exercice de confiance, Susan Choi

Lire un roman, c’est se livrer avec abandon à l’auteur et aux pages qu’il a écrites, au monde qu’il a créé. C’est un véritable exercice de confiance. Susan Choi, en choisissant un tel titre, fait ainsi référence à cette relation émotionnelle si intime liant le lecteur et l’écrivain, au-delà des ateliers théâtraux auxquels s’adonnent les …

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Huit crimes parfaits, Peter Swanson

Peter Swanson a ici recours à un procédé que son héros considère lui-même comme de plus en plus commun et recherché de nos jours : un narrateur à la fiabilité douteuse. Seulement, pour que ce procédé fonctionne, il ne nécessite pas forcément une narration à la première personne et de régulières apostrophes adressées aux lecteurs : J. …

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Paris ne finit jamais, Enrique Vila-Matas

En mêlant autobiographie et fiction pour signer un livre qui semble être un recueil de brèves, Enrique Vila-Matas parvient à insuffler à sa prose parfois trop foisonnante légèreté, humour et ironie. Si ses phrases sont déjà (publication originelle en 2004) aussi longues que dans Cette brume insensée, elles ont cette pointe de délicatesse étourdie et …

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Cette brume insensée, Enrique Vila-Matas

Cette brume insensée est un roman qui se veut aérien et éthéré, réflexion tragicomique sur la littérature – en réalité, il est loin de toute légèreté. Le style d’Enrique Vila-Matas (ou du traducteur ?) est d’une lourdeur foisonnante qui donne le tournis et agace prodigieusement. Impossible ou presque de lire une phrase qui ne soit pas …

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Le testament russe, Shumona Sinha

Semblable à un recueil de poèmes en prose, Le testament russe déploie mots et images autour du lecteur, crée un autre monde, entre passé et rêve, réalité et chimères. Shumona Sinha, grâce à ses deux héroïnes, dresse un mausolée à la culture russe sans jamais passer sous silence les dérives du régime soviétique. Adel Kliatchko …

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Un été norvégien, Einar Már Guðmundsson

Traversé de quelques fulgurances, Un été norvégien n’en est pas moins un roman ardu, peu accessible – voire franchement obtus. Einar Már Guðmundsson revient sur l’été des désillusions et des enchantements pour Halli, si similaire à lui si l’on en croit la quatrième de couverture. À la première personne, le jeune narrateur retrace son périple, …

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Le lambeau, Philippe Lançon

Ce livre est une montagne à gravir pour le lecteur – pas la Montagne magique de Thomas Mann mais davantage une aventure à vivre, une errance douloureuse, comme une leçon de vie. Il se traverse comme une épopée, semblable à un voyage éprouvant mais nécessaire. C’est une reconstruction que nous raconte-là Philippe Lançon, la sienne, …

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Une désacralisation un peu creuse (Soif, Amélie Nothomb)

Dans ce roman qui s’apparente davantage à une réflexion ou à des pensées, Amélie Nothomb imagine le discours intérieur de Jésus depuis la déclaration de la sentence de crucifixion à sa résurrection. Non content d’employer des termes que l’on imagine mal prononcés par le Christ, elle lui fait contester certains des écrits de Jean notamment, …

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De l’esprit et du mordant (Les faussaires de Manhattan, Marielle Heller)

Les faussaires de Manhattan, ou un film étonnant, caustique et avec beaucoup d’esprit. Semblable à l’héroïne elle-même, Lee Israël, auteure ruinée qui, après avoir vendu une lettre que Katharine Hepburn lui avait adressé, réalise que ce marché pourrait s’avérer être une véritable mine d’or… Là voilà donc qui mêle ses talents de biographe à son …

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Un twist final génial (Opération Sweet Tooth, Ian McEwan)

Ian McEwan (dont l’œuvre est à l'origine des adaptations cinématographiques My Lady et Sur la plage de Chesil) signe ici un roman d’une grande subtilité. Le style n’est pas renversant mais l’histoire a vraiment quelque chose, et la fin nous cueille d’une façon qui ne peut que nous séduire et nous souffler. La psychologie des …

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Nos souvenirs sont des fragments de rêves (Kjell Westö)

Un roman tout en finesse, sur l’amitié et l’amour, sur l’écriture, sur l’humanité et la vie. Le narrateur raconte, il raconte son enfance, sa rencontre avec les Rabell – une famille riche, aux sombres secrets, une dynastie presque. Il raconte aussi son adolescence – leur adolescence, et leurs conneries, leurs déboires et leurs découvertes, leurs …

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Hommage à la langue de Molière (1144 livres, Jean Berthier)

L’écriture témoigne d’une très grande maîtrise de la langue – peut-être même est-elle légèrement trop ampoulée mais le style va bien avec l’histoire et avec le personnage. Toujours est-il que ces longues phrases aux tournures semblant parfois saugrenues apportent une certaine poésie au roman – mais est-ce réellement un roman ? Est-ce que ce postulat de …

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Une comédie française comme on les aime (Le mystère Henri Pick, Rémi Bezançon)

Rien d’original dans la construction, ou dans la manière de filmer mais une comédie bien sympathique. Fabrice Luchini est fidèle à lui-même, à la limite entre le jeu juste et le surjeu mais il est tellement bon dans cette performance de funambulisme qu’on ne peut qu’adhérer. Camille Cottin ménage ses ardeurs en fille du supposé …

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Un polar un peu décevant (Le douzième chapitre, Jérôme Loubry)

L’écriture manque de fluidité, le style est un peu laborieux. La police du tapuscrit reçu par David, le héros, est en italique et cela rend la lecture un peu pénible, tout comme la construction du roman – pour le moins anarchique. L’idée est assurément de nous faire attendre et de faire grimper le suspense puisqu’à …

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Beyrouth et la vieille dame (Les vies de papier, Rabih Alameddine)

Aaliya vit à Beyrouth, au Liban. Sa ville, c’est sa vie. Elle y a toujours vécu, chacune des soixante-douze années de son existence, elle les a passées dans cette capitale haute en couleur. Elle a connu les intifadas, les massacres des camps de Sabra et Chatila. Elle est seule, sans mari, sans enfant et revendique …

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Un polar politique complexe (Double fond, Elsa Osorio)

Les premières pages semblent d'un hermétisme absolu, promettent une lecture laborieuse. Si Double fond se mérite, sa lecture est d'une rare richesse. C'est un roman ardu dans lequel le lecteur doit serpenter entre les noms alambiqués des institutions du passé argentin, les noms de guerre, de codes, les vrais noms, les noms d’emprunts, et s'habituer …

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Une poésie douce-amère (La femme qui ne vieillissait pas, Grégoire Delacourt)

On retrouve la plume légère et profonde à la fois, dure dans ce qu’elle dit de nous, crue, et poétique dans sa manière de le dire. Il s'agit sans doute du roman le plus doux de Delacourt. L’histoire d’une femme qui ne vieillit pas de l’extérieur, qui voit son monde se faner mais qui, elle, …

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Un bibliophile en forêt (La belle n’a pas sommeil, Eric Holder)

Voilà un roman perturbant. Eric Holder crée Antoine, un bouquiniste misanthrope ou plutôt très bibliophile, tant et si bien qu'il en oublie les relations humaines. Ainsi, il se contente de partager un café – ou plus si affinité – avec le garde-champêtre, se cantonne dans une amourette tranquille qui se résume à lire et voir …

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Une satire cruelle (Trente ans et des poussières, Jay McInerney)

Trente ans et des poussières semble être de prime abord un livre sur et pour les "bobos". Mais il s’avère que c’est beaucoup plus que cela. Dans un style très foisonnant, s’attardant sur de nombreux personnages, Jay McInerney dresse le portrait sans concession d’un couple de jeunes mariés new-yorkais dans les années 1980. Lui est …

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Une étrangeté, inventée ou réelle ? (Nos richesses, Kaouther Adimi)

Nos richesses est un livre atypique, mêlant souvenirs, bribes de carnet intime, et aventures d’un jeune algérien de retour au pays pour une tâche bien ingrate, à savoir vider une librairie. Des auteurs berçant la scolarité des petits Français – Gide, Exupéry, Camus, Giono – et d’autres moins connus, permettent à travers des écrits rapportés …

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A dévorer d’urgence (D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan)

Info ou intox ? Voilà la question qui nous hante pendant toute notre lecture. Sera bien malin qui saura démêler le vrai du faux, puisque le mystère est épais et constitue à lui seul l'intrigue du livre - qui est aussi brillante que son auteure est secrète. A dévorer d'urgence et, peut-être qu'avec une imagination …

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