Tenir sa langue, Polina Panassenko

C’est un roman qui sort du cœur, qui sort des lèvres. Polina Panassenko est née en URSS, a grandi un peu dans l’union soviétique, un peu en France, un peu en russe, un peu en français. Elle raconte son combat pour retrouver son prénom natal, amputé de son « a » et de son « o » lorsqu’elle a obtenu la nationalité française, mais elle raconte aussi et surtout son enfance entre Saint-Étienne et la datcha d’été, entre la maternelchik et l’appartement communautaire de Moscou. Elle raconte la file d’attente pour goûter les frites du premier McDonald d’URSS, le maquillage des circassiens devant l’entrée des artistes, les tanks, juste avant la dissolution de l’union communiste, les recommandations de ses grands-parents aimants. En mêlant profane et religieux, anecdotique et dramatique, drôle et triste, Polina Panassenko évoque avec finesse et humour, tendresse et insolence le tiraillement entre deux langues, entre deux manières d’être et de penser, entre pop culture occidentale et traditions slaves, la bataille rangée entre alphabet cyrillique et alphabet latin, entre mots doux et mots durs.

La primo-romancière accouche d’un livre intime plein de dérision mais aussi de tendresse. Elle nous ouvre les portes de son foyer et de son esprit, portant un regard affectueux sur ses jeunes années, les traditions familiales, les superstitions, le choc culturel. Elle ancre Tenir sa langue dans un cocon d’humour doux-amer et savoureux tissé par une langue imaginative et imagée où accent et mots deviennent vivants, comme dans les pensées d’une fillette déracinée.

Ce roman était en lice pour le Prix Médicis et le Prix Femina 2022.

Un grand merci aux éditions de l’Olivier et à Polina Panassenko pour l’envoi de ce roman dédicacé.

Polina Panassenko – Tenir sa langue
L’Olivier
19 août 2022 (rentrée littéraire d’automne 2022)
192 pages
18 euros

Ils/elles en parlent aussi : La page qui marque. Bleu, gris, vert. Tête de lecture. Au gré d’un boudoir. Miss biblio addict. Mot à mots. D’autres vies que la mienne. The cannibal lecteur. Les maux dits. Joellebooks. Vagabondage autour de soi

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20 réflexions sur “Tenir sa langue, Polina Panassenko

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  3. Difficile de ne pas se sentir concerné(e) par le ressenti de cette enfant qui découvre la langue du dehors (de chez elle), qu’il faut qu’elle apprenne tout en n’oubliant pas ce que représente sa langue maternelle (celle du dedans, de la famille, du passé, et surtout celle de son grand-père. Mais, c’est tout à fait juste, ce texte mêle aussi humour et insolence 🙂 Merci pour le lien.

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