Noël 2021 – livres en pagaille

Novembre se clôt dans un tourbillon de neige et de grisaille. Décembre approche et avec lui les lumières douces des guirlandes, l’odeur de feu de cheminée, de résine et de jacinthe… Noël promet d’être littéraire cette année, si les pages continuent à être imprimées. Voici donc une liste non-exhaustive à adresser à Santa Claus.

Lire pour la passion dangereuse et l’amitié incandescente

À draper de taffetas écarlate

Feu, Maria Pourchet 

La langue de Maria Pourchet est enflammée, iridescente, pleine d’une verve et d’une énergie confondantes. Satire de notre société, Feu est une histoire d’amour qui finit mal mais aussi un condensé d’humour grinçant acidulé (critique ici).

Mon maître et mon vainqueur, François-Henri Désérable 

L’auteur revisite le trio amoureux de manière drolatique, le fait entrer en résonance avec les vers de Verlaine et ceux de Rimbaud, le mythe des deux poètes maudits. Érudit sans être inaccessible, léger mais profond, ce roman est un bel hommage à la littérature et à la passion (critique ici).

Requiem pour la jeune amie, Gilles Leroy 

Cette ode à l’amitié fait revivre « la jeune amie », fée partie trop tôt dont le corps danse à nouveau grâce aux mots chantants et aux souvenirs toujours touchants et jamais larmoyants de l’auteur (critique ici).

Lire pour la douceur familiale

À envelopper de papier de soie pastel fleuri

De feu et d’or, Jacqueline Woodson 

Les phrases chantantes de Jacqueline Woodson font revivre les États-Unis du passé, mêlent les destins des femmes d’une même famille, entre cendres, musique et poésie (critique ici).

Lorsque le dernier arbre, Michael Christie 

Michael Christie imagine une fresque grandiose, organisée comme les cernes d’un arbre, de demain à hier à demain. Attachants, ses personnages sont profondément humains et permettent à l’auteur de recréer le passé, entre écologie, histoire et enquête (critique ici).

La maison des hollandais, Ann Patchett 

Roman de la fraternité plus que de la famille, ce livre porte un regard nostalgique sur l’enfance passée trop vite, sur les moments perdus, mangés par le temps, tout en effleurant avec un sourire les promesses de l’avenir (critique ici).

Nouveau départ, Elizabeth Jane Howard 

Ce quatrième tome de la Saga des Cazalet est un hymne au renouveau, une invitation au changement, à se laisser porter, charmer par ce que la vie nous offre (critique ici).

Où vivaient les gens heureux, Joyce Maynard 

Joyce Maynard signe un roman d’une grande tendresse, mâtinée de chagrin et d’amertume. Elle rend hommage aux mères, à leur abnégation de toujours, et au foyer, source de tant de réconfort et de désillusions (critique ici).

Tout le bonheur du monde, Claire Lombardo 

Plein de douceur, ce roman emporte le lecteur chez les Sorenson, entre amour et tensions, secrets de famille et tendresse (critique ici).

Zoomania, Abby Geni 

Entre écologie et amour fraternel, Zoomania se déploie, crée un monde de sensations, celui où les hommes écoutent, respirent, touchent les bêtes et les comprennent avant de se comprendre eux-mêmes (critique ici).

Lire pour pleurer des larmes envoûtées

À entourer d’un ruban en velours noir étoilé

Un bref instant de splendeur, Ocean Vuong

Ocean Vuong écrit une lettre à sa mère, qui ne la lira pas. Vietnamienne et analphabète, elle ne pourra qu’écouter son fils lui répéter cette déclaration d’amour, ces phrases pleines de poésie, d’images éthérées alourdies par des larmes de plomb – celle de l’exilé chez lui nulle part, de l’inadapté, de l’enfant triste mais empli d’amour (critique ici).   

Hamnet, Maggie O’Farrell

Shakespeare n’est jamais nommé, là en filigrane grâce à l’atmosphère de ses pièces qui infuse le roman, leur féérie tragique et datée. C’est bien Agnès, sa femme, qui est au cœur de ce livre, son amour pour ses enfants, pour la nature (critique ici).

Sidérations, Richard Powers

Ce magnifique roman caresse les étoiles, la voie lactée, perchant Robin et son père au creux du ciel, noir, immense. La relation entre l’homme et son fils est décrite avec une infinie finesse, une tendresse absolue (critique ici).

Lire pour être ébloui

À emballer des pages des livres d’hier

La plus secrète mémoire des hommes, Mohamed Mbougar Sarr 

À la fois quête identitaire, littéraire et sociale, enquête protéiforme, ce roman ne ressemble à nul autre. Hommage à l’écriture, à la lecture, aux mots, réflexion métafictionnelle tout à la fois éblouissante et impossible à lâcher, La plus secrète mémoire des hommes brille par sa lumineuse complexité (critique ici).

Lire pour l’ailleurs

À habiller d’un papier globe-trotter

Blizzard, Marie Vingtras 

L’auteure crée un tourbillon de neige, y égare ses héros et son lecteur, les faisant tituber sous les bourrasques de glace et de souvenirs. Le mystère dissimulé derrière le rideau blanc qui les enveloppe imprègne le roman, ne se révèle que lentement, comme émergeant d’une nappe de brume (critique ici).

Climax, Thomas B. Reverdy

Après Détroit et Londres, c’est un petit village de Norvège qui inspire Thomas B. Reverdy. Entre légendes nordiques, traité écologique et histoire d’amour qui s’étiole, Climax trouve un équilibre précaire d’autant plus remarquable, les aubes éternelles en toile de fond (critique ici).

L’île des âmes, Piergiorgio Pulixi

Partir pour la Sardaigne et ses mythes ancestraux, voilà ce que propose Piergiorgio Pulixi. Il fait sortir des arbres de terre, les nimbe de brume et de silence, faisant évoluer ses héroïnes dans cet épais mystère, entre aujourd’hui et hier (critique ici).

Milkman, Anna Burns

En Irlande du Nord, pendant les Troubles, une narratrice qui tait son nom s’enfonce dans un marasme de rumeurs qui pourraient bien mener au drame. Ses pensées s’entrechoquent, courent sur la page, longues phrases rythmées et étrangement envoûtantes (critique ici).

Poussière dans le vent, Leonardo Padura 

L’auteur cubain recrée son île, celle des Castristes et de ceux qui veulent partir, déchirés entre amour pour les leurs, attachement à leur Terre Brûlante et désir de vivre, libres, enfin. La mémoire s’étiole, les souvenirs et les hommes devenant des grains de poussière dans le vent (critique ici).

La rivière, Peter Heller

Sur une rivière, au Canada, pagaient deux jeunes hommes. La fumée leur pique la gorge : un incendie les guette, tout comme la catastrophe… Claustrophobie en pleine nature, angoisse et suspense pour un roman haletant (critique ici).

22 réflexions sur “Noël 2021 – livres en pagaille

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