Un scénario sommaire…

Antoinette (Laure Calamy) est institutrice et elle a tendance à tomber facilement amoureuse … Son dernier coup de cœur en date est le père de l’une de ses élèves, Vladimir (Benjamin Lavernhe, que l’on attend dans l’adaptation du Discours). En ce dernier jour d’école, elle se réjouit de le retrouver pour une semaine sans sa femme, ni sa fille. Or, il a une mauvaise nouvelle à lui annoncer : tous trois partent dans les Cévennes pour une randonnée en plusieurs étapes, accompagnés par un âne – un point de départ qui trouve ses sources dans le passé de Caroline Vignal, la réalisatrice, marquée par de joyeux souvenirs d’un tel séjour. Désespérée par ce contretemps, Antoinette ne se laisse pas abattre et décide de s’engager elle aussi sur le chemin de Stevenson : si Vlad est son promis, alors ils se retrouveront…

… pour un long-métrage pétillant et humble

Antoinette dans les Cévennes détonne dans le paysage des comédies françaises actuelles, offre un nouveau type d’humour qui repose sur une actrice, une seule – Laure Calamy – et sur son âne (ou plutôt ses ânes, le maquillage et le montage permettant au spectateur de ne pas distinguer les deux bêtes). Son sourire et ses moues, ses gloussements et sa facilité à passer du rire aux larmes donnent tout son charme pétillant et frais au long-métrage. Décalé, le film a une fantaisie simple et humble qui fait du bien. Entre nature verdoyante et majestueuse, scènes tout droit tirées d’une pastorale et quiproquos vaudevillesques, la réalisation de Caroline Vignal trouve son équilibre, loin de certaines bouffonneries françaises médiocres et convenues reposant sur des grandes tablées et sur des dialogues nombreux et rythmés. Ici, la performance de l’actrice principale tient pour l’ensemble, rattrape le scénario très sommaire – ce qui, finalement, est ici plus un avantage qu’un inconvénient. Elle et son âne, éternel confident, transforment ce qui aurait pu être une comédie romantique ordinaire en un mélange tendre et savoureux, plus buddy movie animalier et bohème que romance lourde.

De : Caroline Vignal
Avec : Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte
Genre : Comédie, romance
Durée : 1h37
A voir sur Canal +

Ils/elles en parlent aussi : larroseurarrose. Le cinéma avec un grand A . Newstrum. MHF le blog. Tours et culture. Oracltrice et clowmédienne. Le tour d’écran. Bib bazar. Phantasmagory

14 commentaires »

  1. Un buddy movie romantique et animalier qui fait du bien, je te suis sans problème sur ce chemin. C’est une réappropriation intelligente et réussie de Stevenson, qui n’est pas sans quelques défauts selon moi, mais qui tranche en effet avec le tout venant de la comédie à gros sabots dont la production française se fait championne semaine après semaine.
    Bravo pour cet article chantant et enchanté !

    Aimé par 2 personnes

  2. « Antoinette dans les Cévennes », de Caroline Vignal…
    Evidemment, on pouvait craindre le pire dans le genre comédie franchouillarde. Eh bien, ce n’est pas tout à fait le cas… « Antoinette dans les Cévennes » est une gentille comédie, qui se laisse regarder, parce qu’elle a de nombreux atouts.
    Tout d’abord, il y a une actrice, Laure Calamy, un tempérament de feu, qu’on a déjà vue partout, qui semble faire partie de la famille, mais dont on a un peu oublié les personnages. Mais, ici, elle tient le rôle principal et ce n’est que du bonheur. Elle tient réellement le film sur ses épaules, pétillante à souhait, avec un registre extraordinaire, du burlesque à l’émotion la plus craquante. Pourtant le scénario, très ténu, n’inclinait pas à l’enthousiasme. On est un peu dans les clichés de la comédie de boulevard: une institutrice, tombée amoureuse d’un père d’élève, se réjouit de passer une semaine de vacances avec son amant. Mais, patatras, il annule tout et part dans les Cévennes avec sa femme et sa fille, sur les traces de Stevenson. Qu’à cela ne tienne, l’institutrice part à son tour sur le chemin de Stevenson. On imagine les gags, les quiproquos et les situations un peu faciles. Mais il est vrai qu’avec son tempérament Laure Calamy emporte le morceau!
    Ensuite il y a Patrickkkkk, l’âne, vraiment la deuxième vedette du film. Stevenson se baladait avec une ânesse. Ici l’institutrice se balade avec un âne et quel âne, quel cabot! On tient là effectivement un duo d’acteurs comiques excellent!
    Et puis il y a les magnifiques paysages des Cévennes, admirablement filmés!
    Bon, bien sûr, il y a quelques facilités; parfois on sent venir les gags de loin, mais certaines scènes sont bien venues, en particulier un monologue surréaliste, mais désopilant, où l’épouse trompée explique à l’institutrice estomaquée qui est réellement son mari.
    En conclusion, un joli petit film, qui ne révolutionnera pas le cinéma français, mais qui est probablement vouée à un succès populaire en partie justifié.

    Aimé par 2 personnes

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