Bloodlands, Chris Brandon

Le manichéisme changeant de Bloodlands

Bloodlands, sous ses airs celtes pleins d’émotion et un peu trop présents, sous ses dehors de minisérie policière mettant en scène des personnages caricaturaux, surprend grâce à un twist inattendu. La réalisation est donc divisée entre l’avant et l’après, les deux premiers épisodes finissant par ressembler à beaucoup de thrillers – un gentil flic au passé douloureux et un méchant insaisissable –, quand un événement remet tout en cause. La deuxième moitié embrasse une atmosphère plus sombre et moins tournée vers le sentimentalisme. Cela n’empêche pas l’ensemble d’être assez polarisé : le début tend vers des stéréotypes mélioratifs avant de s’en éloigner et que la révélation étonnante transforme le portrait flatteur en caricature de l’anti-héros. Malgré tout, l’enquête tient la route, le suspense joue son rôle et le voyage est dépaysant.

Une série policière entre l’Irlande d’aujourd’hui et celle d’hier

En effet, Chris Brandon emmène le spectateur dans l’Ulster post-Troubles. Les tensions entre catholiques et protestants régissent toujours les rapports sociaux en Irlande du Nord et rien ne compte davantage que de maintenir la paix – paix dont n’osait même pas rêver « sœur du milieu », la narratrice de Milkman, roman se déroulant quant à lui dans les années 1970, en plein cœur du conflit. Quand un catholique est enlevé et qu’une photographie est retrouvée, glissée dans son portefeuille, l’équilibre menace de se rompre. La grue sur le cliché rappelle aux enquêteurs une affaire vieille de près de vingt ans – celle qui concerna, entre autres, la disparition d’Emma Brannick, femme du protagoniste. Incarné par James Nesbitt qui n’en est pas à son coup d’essai, celui-ci est commandant de l’unité de police sur laquelle se centre la réalisation.

Bloodlands – terre écarlate, imprégnée du sang des cadavres d’hier. Chris Brandon parvient sans mal à transposer à l’écran l’atmosphère nord-irlandaise si pesante et à mêler petite et grande histoire. Si on peut lui reprocher un manichéisme un peu trop flagrant et une polarisation trop nette, cette minisérie est finalement un divertissement honnête.

De : Chris Brandon
Avec James Nesbitt, Lisa Dwan, Lorcan Cranitch
Année : 2021
Nombre d’épisodes : 4 (1 saison)
Durée moyenne : 52 minutes
A voir sur Canal +

Ils/elles en parlent aussi : Nos séries TV à nous. Les chroniques de Cliffhanger et Co

5 réflexions sur “Bloodlands, Chris Brandon

  1. je vais regarder les deux derniers ce soir… Cette série me plaît quand m^me et je pense que c’est en partie dû à Chris Brandon que j’ai découvert via la série Harry Bosch 🙂
    mais ce retour en Irlande où la paix a été fragilisée par le Brexit cela reste émouvant 🙂

    Aimé par 1 personne

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