The Dig, Simon Stone

The Dig, mélodrame historique réalisé par Simon Stone, revient sur l’histoire des vestiges d’un navire extraits de terre à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, et raconte le destin de ceux qui ont gravité autour de ce trésor archéologique lors des fouilles de la chambre funéraire.

1939, Suffolk, à l’Est de l’Angleterre. Une riche veuve, Edith Pretty, passionnée d’archéologie, est curieuse de savoir ce qui se cache sous les monticules de terre qui vallonnent son terrain et décide alors de faire appel à Basil Brown. Ce dernier n’a pas fait d’études et vit chichement avec sa femme, parcourant des kilomètres à vélo, ce qui ne l’empêche pas d’être un expert dans son domaine – non-reconnu par ses pairs, certes. Incarné par Ralph Fiennes, le vieil homme et son regard sage veillent sur l’ensemble du film, et surtout sur Mrs Pretty, Carey Mulligan, qui n’est pas au mieux de sa forme. Une amitié naît rapidement entre eux, renforcée par la présence de Robert, le jeune fils choyé d’Edith. Le réalisateur a eu à cœur de laisser les acteurs libres de leurs mouvements, de leurs placements, ce que Fiennes confie avoir apprécié. Celui-ci a également parcouru à bicyclette les routes des alentours de Sutton Hoo pour avoir une autre perspective, se mettre au niveau de son personnage et comprendre ce qu’il voit et ressent depuis son vélo. Son engagement est tel que la fameuse scène de l’enfouissement a été réellement reconstituée… Ce qui n’a pas été sans poser des soucis logistiques à Maria Djurkovic la chef décoratrice qui a déjà œuvré sur Imitation Game ou Red Sparrow. Sur son impulsion, l’équipe a d’ailleurs commencé par tourner la deuxième partie du long-métrage, lorsque le navire est à l’air libre, et a terminé par filmer le début et la lente exhumation.

Le projet est d’abord porté par la productrice, Gabrielle Tana, qui peine à trouver un réalisateur : Simon Stone, plus habitué des planches de théâtre et des rideaux d’opéra que des caméras sera le bon. Adapter le roman de John Preston (2007) qui s’inspire de l’histoire de sa famille (les Piggott) s’impose vite comme une évidence, notamment de par l’importance de cette découverte : elle permit de changer la manière dont on considérait le Moyen-Âge. « The dark age is not dark any longer, » comme le dira le délégué du British Museum, institution qui bataillera ferme pour obtenir des droits sur les merveilles déterrées (« Le sombre Moyen-Âge n’est désormais plus sombre »).

Le réalisateur prend soin de ne pas ajouter un lien amoureux qui n’aurait pas de sens entre Edith et Brown. Tous deux sont liés par une passion commune et par leur statut à part, presque d’exclus, l’une à cause de son sexe, l’autre sa classe sociale. La romance apparaîtra sous une autre forme, peut-être de trop dans ce film pourtant tout en délicatesse et en classicisme, à l’image de Carey Mulligan, toujours très juste. La musique instrumentale est presque plus présente que les dialogues, accompagnant les allers-retours entre la demeure majestueuse et le site des fouilles. La bande-sonore semble avoir été traitée séparément de l’image, à la mode des vieux films. En effet, les répliques se surimpriment régulièrement sur des plans précédant la conversation qui se fait entendre, créant un décalage étonnant – et qui finit par lasser. La lumière joue un rôle à part entière dans The Dig, enveloppant les protagonistes d’une pellicule tantôt brumeuse tantôt presque éblouissante, contre-jour et plans nocturnes venant rythmer cette réalisation lente et fine malgré quelques failles.

De : Simon Stone
Avec : Ralph Fiennes, Carey Mulligan, Lily James
Genre : Drame historique
Durée : 1h52
Plateforme : Netflix
Bande annonce disponible ici

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19 réflexions sur “The Dig, Simon Stone

  1. Zylvy

    J’ai beaucoup aimé moi aussi. le rythme s’accorde parfaitement à cette patiente quête.
    Et le film a le mérite de faire découvrir cette histoire, majeure pour l’archéologie, et ces deux personnages, très vite effacés de la scène scientifique. Le livre de John Preston les avait un peu réhabilités, le succès du film, même s’il prend de grandes libertés, les ressuscite totalement.
    Et sans rien enlever à la belle interprétation de Carey Mulligan, il est assez étonnant qu’aucune actrice ayant l’âge du personnage n’ait réussi le casting… La vraie Mrs Pretty n’était pas très loin de la soixantaine quand même…

    Aimé par 1 personne

    1. C’est vrai que la lenteur du film rend bien hommage à la patience que l’on imagine nécessaire pour mener de telles fouilles… et c’est une belle commémoration de ces deux « laissés pour compte », une réhabilitation dans les règles de l’art !
      En effet, c’est étonnant. Je ne savais pas que Mrs Pretty avait une soixantaine d’années mais nous en sommes loin ici…

      J’aime

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