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Critiques, cinéma d'animation

Quoi qu’il arrive je vous aime, Michael Govier et Will McCormack

Quoi qu’il arrive je vous aime parce que l’amour est prégnant dans ce court-métrage de douze minutes. C’est même la cause et la fin de cet animé. Le trait est épuré, hésitant mais franc malgré tout, la teinte est grisonnante comme la mine du crayon qui a ombré les personnages. Un père et une mère face à face, avec entre eux, le vide causé par la perte d’un enfant. Comme en surimpression, leur double flotte, contours obscurcis d’eux-mêmes lorsque la mort a commencé à se diffuser dans le couple, à instiller son poison dans leur relation et puis, plus tard rejaillissent des souvenirs plus anciens, leur ombre devenant alors allégorie du bonheur. Ceux qui se sont câlinés, dévorés d’amour, qui ont construit leur foyer autour de la troisième silhouette, plus petite, frêle mais portant le poids de son monde sur les épaules, Atlas d’une famille. Ici et là éclate une touche de couleurs, les objets roulent et se métamorphosent, des fleurs poussent là où l’hiver sentimental a dépouillé les branches, papillons deviennent lumière dans la nuit, boulettes de viande se transforment en ballon, ballon des temps d’avant. L’esquisse transmet davantage qu’un dessin surchargé et peu de lignes donnent aux trois protagonistes un visage aussi expressif que celui de Woody dans Toy Story 4 – et Will McCormack a contribué à la naissance de ce dernier autant qu’à celle de la famille de cette réalisation, ici accompagné de Michael Govier.

Ce sont douze minutes d’amour, de souffrance, d’émotions. D’une tendresse infinie, cette réalisation est bercée par un piano mélancolique qui cède sa place à une pop enjouée, synonyme des jours heureux jamais très loin – parce que c’est avant tout un message d’espoir et de lumière, comme une invitation à se rappeler, à s’accrocher à la douceur plutôt qu’à la douleur.

À voir sur Netflix.

Ils en parlent aussi : Les mots de Saturna, Culture vsnews

5 réponses sur « Quoi qu’il arrive je vous aime, Michael Govier et Will McCormack »

Bonjour Ceciloule,

Merci pour cette critique qui m’a donné envie de regarder ce court-métrage.

Les dessins, la musique de fond et le scenario provoquent une atmosphère bien triste.
Ce sujet reste d’actualité et la dernière phrase de votre critique résume tout. Très bien choisie.

Hate de lire vos futures critiques 🙂

Bonne journée

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