Parce que nos librairies rouvrent leurs portes samedi, que décembre approche, Noël, la neige et la douceur cotonneuse de l’hiver avec lui – quelques titres à glisser sous le sapin cette année.

Pour les amateurs de polars insolites

À enrober de papier cadeau original noué d’un ruban multicolore

L’anomalie – Hervé le Tellier

Roman inclassable s’il en est où suspense et humour se mêlent dans une satire délicieuse de notre société et de ses savants. Hervé Le Tellier a remporté le prix Goncourt 2020, un Goncourt décalé et décapent : critique ici.

L’amitié est un cadeau à se faire – William Boyle

Roman noir endiablé flirtant avec le cinéma de Scorsese et le féminisme de Thelma et Louise, ce titre addictif plein d’humour noir n’est pas le lauréat 2020 du Prix du Magazine Transfuge pour rien : critique ici.

Shibumi illustré – Trevanian ; Qu Lan

Ce titre oscille entre espionnage et satire, géopolitique et polar. Trevanian ose tout, c’est même à cela qu’on le reconnaît… Devenu un classique du genre, ce livre se voit offrir une nouvelle jeunesse par Gallmeister qui le réédite agrémenté des illustrations modernes de Qu Lan : elles soulignent tantôt la poésie du texte, tantôt son ironie sans borne : critique ici.

La soustraction des possibles – Joseph Incardona

Grinçant, ce roman est une plongée enivrante dans le monde de la finance, une critique intelligente de ce milieu avec le délitement du bloc de l’est pour toile de fond. L’auteur joue avec ses personnages, se prend pour un dieu tout puissant et saisit ses lecteurs par son audace: critique ici.

Pour les amateurs de drames amoureux et amicaux

À emballer de papier de soie pastel

Les inconsolés – Minh Tran Huy

Entre conte de fée et histoire d’amour moderne mais tragique, ce livre émerveille par la beauté gracile de la plume et par les enchantements que tisse l’auteure, nous emportant ainsi dans les ruines des châteaux de notre enfance passée : critique ici.  

Les lettres d’Esther – Cécile Pivot

Entre douceur de vivre et maux de la vie, les mots pour des maux dits. Moitié épistolaire, moitié récit, ce livre raconte le monde d’aujourd’hui avec peut-être parfois un peu trop de facilité mais toujours beaucoup d’intelligence humaine : critique ici.

Retour à Martha’s Vineyard – Richard Russo

Quand amitié rime avec secrets… Richard Russo raconte les retrouvailles de trois soixantenaires, amis d’enfance, jalonne son récit de souvenirs et offre une belle plongée dans l’Amérique des WASP et celle de la guerre du Vietnam, dans l’Amérique de la côte est et celle des Républicains les plus extrêmes : critique ici.

Sugar Run – Mesha Maren

Histoire d’amour enivrante au cœur des Appalaches, drame amoureux baigné d’ombre et de lumière, Sugar Run laisse pantois par l’assurance fragile de la plume et par la violence émaillée d’éclats de soleil que raconte l’auteure : critique ici.

Pour les amateurs de chroniques familiales

À envelopper de papier kraft parsemé de fleurs séchées

Baume du tigre – Lucie Quéméner (BD)

Papier et crayon pour l’oppression patriarcale, pour l’amour sororal et la quête libertaire. Ce roman graphique et ses trois générations de femmes fortes est un joli hommage à la culture chinoise mais aussi une franche et fine remise en question de ses traditions. Faire évoluer les mœurs ne veut pas dire renier ses racines : critique ici.

Betty – Tiffany McDaniel

Betty est à la fois un crève-cœur et un ciel parcouru d’étoiles filantes, un rayon de lune reflété par un éclat de verre brisé. C’est un roman qui emporte loin, ailleurs, il y a longtemps, dans une histoire triste tissée de contes dorés et merveilleux. À offrir pour rappeler que douceur et douleur riment : critique ici.

La saga des Cazalet – Elizabeth Jane Howard

Les deux tomes déjà parus de cette saga familiale rappellent que la lecture est avant tout une histoire d’indolence. Lire c’est savourer et prendre son temps, se plonger lentement dans le quotidien des Cazalet, dans leurs amours et leurs amertumes, dans leurs bêtises et leurs réussites. Rien de mieux qu’une chronique sociale enrobée de douceur ambrée et d’une moelleuse langueur pour oublier les drames d’aujourd’hui : critique ici.

Mon premier rêve en japonais – Camille Royer (BD)

Aquarelles colorées et crayonnés décidés pour dire l’enfance têtue entre deux cultures. Les idéogrammes bercent le quotidien français de la jeune héroïne, l’artiste elle-même. Casse-cou et boudeuse, l’enfant et ses moues font craquer le lecteur qui s’immerge avec délice dans les planches éclatantes qui fleurissent entre le noir et blanc des dessins : critique ici.

Un soupçon de liberté – Margaret Wilkerson Sexton

Cette fresque familiale noire-américaine revient avec beaucoup d’intelligence sur le destin de trois générations. À La Nouvelle-Orléans, il ne fait pas bon être noire pendant la seconde guerre mondiale, pendant la « War On Drugs » lancée par Nixon ou être noir en ce moment, alors que cette quête vaine se poursuit. Malgré un choix de construction narrative qui dessert le texte, c’est un premier roman à ne pas manquer : critique ici.

Pour les amateurs d’Histoire et de voyages

À accompagner d’un planisphère à gratter et d’une frise historique

Art Nouveau – Paul Greveillac

L’écriture est ciselée, presque autant que les bâtiments qu’elle érige. Les relations humaines sont secondaires, le héros est froid, tout comme la pierre des bâtisses qui naissent de son esprit d’architecte… : critique ici.

Avant la longue flamme rouge – Guillaume Sire

Guillaume Sire nous emporte à la suite de Saravouth, enfant pendant la guerre civile cambodgienne, met ses pas dans ceux maladroits et assurés tout à la fois du jeune héros. Sans jamais s’éloigner de la douceur enfantine de l’esprit du garçon, l’auteur met des mots sur l’innommable, et transforme en rêves les pires cauchemars : critique ici.

Ces montagnes à jamais – Joe Wilkins

Parce que les montagnes Appalaches ne sont pas le seul coin reculé des États-Unis où les auteurs aiment puiser leur inspiration. Le Montana est tout autant riche de personnages attachants – et de milices blanches républicaines détestables : critique ici.

Mauvaises herbes – Dima Abdallah

D’un père à sa fille ou d’une fille à son père, pour réconcilier ou pour preuve d’amour filial. Mauvaises herbes est un chant, une danse, un bouquet de fleurs fraîches entre France et Liban, guerre civile et enfance qui résiste : critique ici.

Nefertari Dream – Xavier-Marie Bonnot

L’Égypte ne se résume pas à ses pyramides immémoriales. Le pays des pharaons a aussi fait parler de lui pour ses révolutions, pour l’oppression de sa population et surtout de ses femmes… D’une plume brute et imagée, Xavier-Marie Bonnot revient sur son passé et sur son présent, sur l’Antiquité et sur les violences récentes, avec un amour impossible au premier plan de son récit : critique ici.

Nickel Boys – Colson Whitehead

Prix Pulitzer 2020, Nickel Boys choque par le propos, souligné par la simplicité prosaïque mais émouvante du style. Nickel Boys ou une enfance noire-américaine dans les années 1960, exemplaire de tant d’autres, entre amitié et deuils précoces, traumatisme et ignominie d’un système : critique ici.

Rachel et les siens – Metin Arditi

Israël et Palestine, un combat de tout temps – ou presque. Rachel naît alors que la paix règne encore entre les oliviers. Metin Arditi construit un personnage profond et déroule le fil de sa vie lentement, d’ellipse en ellipse et raconte à travers elle le destin de deux peuples : critique ici.

24 commentaires »

    • Je me suis dit que ce n’était pas vraiment un roman à offrir à Noël, peut être parce que trop noir… en y réfléchissant, les livres que je conseillais d’offrir pour les fêtes ne collaient pas toujours avec tous mes vrais coups de foudre donc je pense faire un autre article coup de cœur de l’année fin décembre et je compte bien l’y glisser cette fois 😉
      Bon dimanche Fred 🙃 et régale toi avec Betty !

      Aimé par 1 personne

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