Catégories
Critiques, séries politiques

The Comey Rule, Billy Ray

Trump et ses dérives antidémocratiques… Déjà en 2016, le candidat puis président républicain faisait peu cas de certains principes fondamentaux dont la séparation des pouvoirs. James (Jim) Comey, nommé à la tête du FBI par Barack Obama est l’un de ceux qui pâtirent le plus de ces tentatives d’obstruction à la justice. Après l’enquête sur les mails d’Hillary Clinton durant les élections, il est acculé par de nombreux médias et par l’opinion publique, accusé de copinage et de favoritisme. Pourtant, cet homme tente d’être digne des fonctions qui lui ont été confiées. Intègre, humble, apprécié de ses subalternes, le directeur du Bureau, si on peut lui reprocher un mauvais timing, semble en réalité davantage victime des circonstances et de celui que Rushdie évoque comme un Joker à la perruque blonde dans La maison Golden. Il « était obsédé par la vérité », « farouchement impartial dans l’exercice de ses fonctions », insiste Billy Ray, scénariste du Cas Richard Jewell et réalisateur de The Comey Rule, dans les pages de Télérama (propos recueillis par Pierre Langlais).

Les quatre épisodes de trois quarts d’heure chacun retracent l’enquête contingente à la campagne présidentielle, s’attardent sur l’affaire des mails de Clinton, puis bientôt sur les soupçons d’ingérence russe… Billy Ray intercale images d’archive et séquences filmées pour mieux se rapprocher du réel, de la vérité qu’il défend et qui lui tient à cœur. Il semble apprécier les plans montrant ses acteurs de trois-quarts ou de profil, les champs contrechamps se parant d’une discrète originalité relayée par ce cadrage. Les tête-à-tête forcés entre Trump, « the President Elect », et Jim Comey (interprété par Jeff Daniels) deviennent ainsi un match de boxe où seuls les profils des deux hommes s’affrontent. Brendan Gleeson, paré d’une perruque et grimé dans une tentative assez réussie de devenir pour quelques heures l’homme le plus puissant du monde, adopte une voix grave, des tics de langage enfantins – de ceux auxquels ce président vraiment pas comme les autres nous a habitués… Les caméras suivent donc le directeur du FBI du bureau ovale à l’antre de l’attorney general, de la salle de réunion où est rassemblée son équipe à sa propre tanière où il évoque avec son adjoint la situation délicate dans laquelle il se trouve. Une nouvelle fois, Michael Kelly (II) se glisse dans la peau d’un second, d’un homme de l’ombre qui pourrait finir dans la lumière – seule différence avec le Doug de House of Cards, il est cette fois d’une loyauté juste et scrupuleuse.

Glaçante par bien des aspects, The Comey Rule est une raison de plus de se réjouir de la victoire de Biden…

Billy Ray signe donc une minisérie dont le seul défaut pourrait être que le spectateur en attend davantage, voudrait qu’elle continue sur sa lancée et ne s’arrête pas avec le licenciement du héros. Les acteurs sont convaincants, la mise en scène, efficace, et la construction permet à nous Français de voir le déroulement des faits en son entier et depuis l’intérieur. Le réalisateur rappelle enfin que sa série, nominée aux Golden Globes 2021, « donne à voir un pays où la ligne de fracture idéologique ne se situe plus entre républicains et démocrates, mais entre la vérité et le mensonge ».

La bande-annonce est disponible ici et les quatre épisodes sont à visionner sur Canal +.

Ils en parlent aussi : Metãhodos.

12 réponses sur « The Comey Rule, Billy Ray »

Je pense quz nous sommes beaucoup à nous en réjouir 😉 et j’aime bien ton analyse de Trump, elle est juste…!
Oui, le spectateur français apprend vraiment plein de choses – mais cela devait être redondant pour les Américains vues les critiques de la presse outre Atlantique.

Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s