Catégories
Critiques littéraires

Beautiful Boy, Tom Barbash

L’écriture de Tom Barbash – traduite par Hélène Fournier – est fluide, visuelle. Les dialogues jalonnent les pages, les faisant parfois presque ressembler à un script cinématographique. Le protagoniste de ce roman et son narrateur, le Beautiful Boy, le Golden Boy, c’est Anton Winter, le fils du célèbre présentateur télé Buddy Winter. Ce dernier peine à sortir d’une dépression qui l’a poussé à quitter l’antenne, à partir en claquant la porte en plein direct. Quand s’ouvre le récit, Anton revient tout juste du Gabon où il était en mission au sein des Peace Corps, malade mais accueilli comme un héros, comme le sauveur qu’il sera nécessairement pour son père. En effet, le célèbre présentateur a besoin de son fils pour se reconstruire, pour bâtir une nouvelle vie qui vaille la peine d’être vécue et surtout, pour espérer retrouver une émission bien à lui et sa place d’animateur vedette dans le cœur des Américains. La famille Winter vit dans le Dakota Building, le célèbre immeuble décor de Rosemary’s Baby où elle croise John Lennon et Yoko Ono et d’autres stars des années 1980 dans un ballet entêtant.

Beautiful Boy emporte le lecteur dans un tourbillon, l’immerge dans le showbiz américain, dans l’univers des talkshows et du cinéma, de la musique et du sport – Tom Barbash « saupoudre de poussière de Beatles » (p392) son roman. Buddy et sa famille sont de vrais épicuriens, ils aiment sortir, visiter, boire, manger, assister à des matchs de hockey, de boxe et de tennis. Ils déambulent dans les rues new-yorkaises, la mère épaulant Joan Kennedy dans la course à la présidentielle de son mari, le père et le fils aîné discutant avec les chanteurs, préparant et animant des interviews de Katherine Hepburn, de Larry Holmes, de Paul Simon. Les paroles des tubes aujourd’hui délicieusement rétros imbibent ces pages, les répliques de films cultes rythment les dialogues comme autant de clins d’œil à une époque révolue mais mythique. Le lecteur plane, à l’image des membres des Beatles sous LSD, flotte sur l’océan dans la tempête, auprès de John, d’Anton et de quelques autres énergumènes. Hommage à l’artiste mémorable mort il y a bientôt quarante ans, tout comme le fut le livre Wild Side de Michael Imperioli pour Lou Reed, cette fiction est encadrée de bornes chronologiques réelles et parcourue de références à autant de noms et de sourires de ces années de joie.

Merci aux éditions Albin Michel qui, en contribuant à enrichir aVoir aLire, ont également contribué à enrichir Pamolico.

Photographie de John Lennon et de Yoko Ono : ©Best Image / l’article du Star évoque les Kennedy et le roman de Tom Barbash / le Review Journal présente l’équipe masculine de hockey vainqueur des JOY 1980 / la photographie du film Rosemary’s Baby provient du livre Le siècle du Cinéma (p321) chez Bordas.

Ils en parlent aussi : Anita et son bookclub, La minutes livres, Les voyages intérieurs, La page qui marque, Sur la route de Jostein, Dealer de lignes

5 réponses sur « Beautiful Boy, Tom Barbash »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s