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L’amitié est un cadeau à se faire, William Boyle

Trois femmes, trois vies, un destin – parce que L’amitié est un cadeau à se faire. William Boyle raconte le New York des mafieux, de Scorsese et du passé, le Brooklyn des Italiens et le Bronx paisible qui côtoie le Bronx violent. L’auteur se promène dans tout l’état, grâce à ses trois héroïnes. Wolfstein est une ancienne actrice porno, et, contrairement à la Lolita du Journal de L., elle conserve de cette période des souvenirs cocasses et une amitié en or. Rena est la veuve de Vic Le Tendre, mafieux célèbre s’il en est, mère d’Adrienne et grand-mère de Lucia, petit-bout de femme d’une quinzaine d’années. Les relations entre la mère et la fille sont au point mort, elles ne s’adressent plus la parole depuis des années et un mot maternel malheureux. Et puis un cendrier, et puis une Impala volée, et puis un tir de trop. Et voilà nos trois protagonistes dans une Eldorado lancée à pleine vitesse sur la Cross Bronx, des truands à leurs trousses.

Roman choral savoureux, L’amitié est un cadeau à se faire est aussi un livre féministe et qu’un homme sache si bien évoquer les préoccupations du deuxième sexe, s’approprier les pensées de trois femmes, rendre si vraie l’amitié féminine qu’il invente, voilà qui est surprenant – et réjouissant. Dérision et fusillades, courses poursuites et voitures de luxe, sang, marteau et revolvers, mélodrame et souvenirs, William Boyle mêle tous ces éléments, piochant son inspiration dans les films inimitables des années 1970, évoquant Les affranchis, Les nerfs à vif, Casino mais aussi Thelma et Louise et Marilyn Monroe – n’oubliant pas de nous composer une bande-son inouïe pour accompagner ce roman si visuel, en bon ancien disquaire. Thin Lizzy, Mariah Carrey, Lou Reed et Gun N’ Roses… Adolescente et soixantenaires se serrent donc les coudes pour échapper à la mort, une affaire pas si sérieuse : la tristesse et la nostalgie, si elles planent quelques instants au-dessus de ce livre, sont rapidement chassées par le vent de la liberté et du bonheur. Les phrases sont courtes, percutantes, presque cinématographiques tant les détails parviennent à être saisis en peu de mots. Elles donnent un rythme endiablé à L’amitié est un cadeau à se faire, qui sait aussi prendre son temps et se poser quelques instants avant de reprendre sa course infernale. Délicieusement addictif, ce polar plein d’esprit est teinté d’un humour noir mais aussi d’un humour plus léger, d’ironie et de clins d’œil, d’irrévérence. Un hymne à l’amitié, à l’indépendance féminine et à la vie, un régal sur tous les plans, aussi décalé et addictif que Coup de Vent de Mark Haskell Smith.

Encore une fois, un immense merci aux éditions Gallmeister qui, en enrichissant le site d’aVoir-aLire contribuent également à enrichir Pamolico.

Ils en parlent aussi : Read look hear, Impossible sans livres, Hannibal le lecteur, La minute livre, Sabine Mayor Minne

5 réponses sur « L’amitié est un cadeau à se faire, William Boyle »

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