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Romans étrangers

Trouve moi, André Aciman

André Aciman et sa douce nostalgie, et son obsession pour le temps qui passe, pour l’amour qui fane ou mute, mais perdure, d’une manière ou d’une autre.

Trouve-moi (Find me) est présenté comme la suite, l’épilogue de Call me by your name mais c’est bien plus que cela. C’est aussi une réflexion sur les années qui s’écoulent, sur l’expérience et la différence d’âge, sur les sentiments amoureux et leurs variations infinies. Les premières pages perdent le lecteur, interrogent, puis bien vite il comprend où le mène l’auteur, qui il choisit comme narrateur, qui il met au premier plan. Et puis le pressentiment se confirme grâce à quelques indices. André Aciman mêle le format foisonnant des Variations sentimentales à l’atmosphère onirique et douloureuse et aux personnages de Call me by your name, nimbe ses mots, tantôt du plaisir de la découverte de l’autre, tantôt d’une mélancolie persistante.

Quatre parties donc, quatre parties qui se répondent, qui font écho à la suivante, qui fonctionnent comme un canevas ; Tempo, Cadenza, Capriccio et Da Capo. Quatre parties pour trois narrateurs, trois sensibilités, trois histoires, tous intimement liés. Les deux premières sont des odes à la vie, semblent tenter de démontrer que la joie n’a pas d’âge, que l’amour et la passion sont éternels, qu’une existence n’a de fin que la mort – et encore. Les limites, le désir n’en connaît pas, pas même celles imposées par les années ou par l’océan. La musique auréole Trouve-moi d’une aura envoûtante, intemporelle, hors d’âge – même si la quête principale de Cadenza laisse pour le moins perplexe. Capriccio est le passage le plus touchant, le plus triste, le plus beau, tourné vers un passé révolu mais pesant toujours sur l’esprit, comme un voile recouvrant le présent, l’engluant dans une temporalité floue. Quand souvenirs, pensées et réalité se mélangent pour mieux brouiller le quotidien, cette prison dorée que l’on se crée et qui nous isole de nos rêves passés… Futur rêvé, passé redécouvert comme un archéologue l’exhumerait du sable, l’exposerait au grand jour pour lui rendre sa splendeur d’antan… Oliver, Elio et Samuel nous offrent une nouvelle facette d’eux-mêmes, plus mûre, plus sûre, mais tout aussi sentimentale. Âge et mirage, années et souvenirs : il est grand temps de vivre, voilà la morale de Trouve-moi.

Grasset en parle ici.

Ils en parlent aussi : Le fil rouge, Jupiter’s ink, Zéro janvier

7 réponses sur « Trouve moi, André Aciman »

Merci, c’est gentil 🙂 ce roman, c’est aussi paris en hiver et New York à l’automne, comme les quatre saisons de l’amour…
Par contre je ne sais pas quand la vf sort finalement, elle a été décalée avec le confinement : 28 mai, 30 septembre… les paris sont ouverts !

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