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Bandes dessinées

Longue vie, Stanislas Moussé

Le héros de Longue vie est berger, comme Stanislas Moussé, l’auteur-dessinateur de ce roman graphique. Parti dans la montagne auprès de ses vaches, il assiste avec effroi à l’extermination de sa famille, en contrebas, dans la clairière où il vit. Voulant se venger, il rejoindra une autre bande de barbares pour massacrer à son tour ceux à l’origine du génocide des siens. Il grimpera ensuite peu à peu dans la hiérarchie après plusieurs péripéties, enlèvements et autres fuites. Au final, il montera sur le trône, aura une longue vie, se mariera et deviendra père. La sortie du tome deux, centré sur ce fils, est d’ailleurs prévue pour l’automne prochain – toujours au Tripode.   

Ce souverain, anonyme, émerge çà et là dans les planches noires et blanches de Stanislas Moussé, réalisée grâce à un rotring (porte-plume à encre de chine rechargeable et mine ajustable), et le lecteur doit le chercher sur la page à la manière d’un Où est Charlie un peu gore. La nature a une importance capitale dans cet univers mi-médiéval, mi-fantasy, comme un Games of Throne muet et un peu frustrant. Il est en effet parfois complexe de localiser le héros, de reconnaître les personnages – puisqu’aucune bulle, aucun mot n’apparaît jamais dans Longue vie. Les protagonistes sont des formes singulières, parfois cyclopes, d’autres fois bardés de casque et d’armure, tantôt au sein de leur château ou village, tantôt au milieu de la forêt où les arbres déploient leurs ombres mystérieuses et parfois menaçantes, à la manière des géants de Miyazaki qui auraient perdu leurs couleurs envoûtantes, propices à fournir une cachette aux vilains (mais le héros ne l’est-il pas devenu lui-même ?) quand ils ne sont pas une sorte de porte d’entrée sur un autre monde, celui d’après, un enfer (paradis ?) étrange.

Ce roman graphique de près de 200 pages, dans la sélection du prix BD des étudiants France Culture, laisse perplexe à plus d’une reprise, les amas noirs et blancs, très détaillés donnant presque l’impression d’être des illusions d’optiques, des mirages faisant mal aux yeux. Le scénario de Longue vie est d’une simplicité confondante : tuer ou être tué, vivre ou mourir. Dépaysant mais loin d’être passionnant.

Ils en parlent aussi : Comixtrip, Ligne claire

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