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Bandes dessinées

Morveuse, Rebecca Rosen

Morveuse ou le déterminisme social à l’œuvre. Dans cette première bande-dessinée, lue dans le cadre de ma participation au prix des étudiants France Culture Télérama BD 2020, l’artiste belge Rebecca Rosen décrit la descente aux enfers d’une jeune adulte, Julia. Elle intègre une école d’art à Bruxelles et, peu après la mort de Judith, sa mère, se joint à un groupe féministe qui semble de prime abord lui donner un regain d’énergie – de courte durée. Sans argent pour payer sa collocation, défoncée presque en permanence, Julia impute tous ses soucis au décès de sa mère (qui, suppose le lecteur au vu du peu d’informations dont il dispose, a choisi d’être euthanasiée). Déjà auparavant, les relations mère-fille apparaissaient comme compliquées, malsaines : Judith était fragile, sans doute dépressive, sous médicaments, et Rebecca Rosen laisse entendre que mal partir dans la vie ne permet pas à d’heureux événements d’arriver par la suite. Engagée puisque condamnant implicitement l’euthanasie, légale en Belgique depuis 2004, tant pour des raisons psychologiques que physiques, cette bande-dessinée d’à peine quatre-vingts pages met mal à l’aise. Julia cumule les mauvais pas, descend de plus en plus bas, erre, toujours un joint à la main, le nez en sang puisqu’elle ne cesse d’y toucher (ce qui a sûrement valu son titre au livre, Morveuse).

Rebecca Rosen / L’employé du Moi

Les dessins, très colorés et parfois presque criards – sauf quand ce sont les œuvres de Julia qui surgissent et s’immiscent dans l’histoire, en noir et blanc, comme autant de projections de son enfance cauchemardée – ont une originalité frappante. Les personnages ne sont pas franchement beaux (voire laids) mais certaines planches retiennent l’attention par leur construction à base de superpositions, d’ombres et de motifs de bulles apparaissant à répétition. La chronologie est éclatée, ce qui rend la compréhension de l’ensemble complexe.

En bref, aucun plaisir n’est pris à la lecture de Morveuse, bande-dessinée d’un pessimisme notoire et peu encourageant. Quelques rares épiphanies ont lieu lorsque éclosent quelques bulles colorées au sein d’une page mais elles sont de bien courte durée.

Les éditions L’employé du moi en parlent ici

Elles en parlent aussi : Brillante, Un plaid, un thé, des livres

5 réponses sur « Morveuse, Rebecca Rosen »

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