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Romans étrangers

Samedi, Ian McEwan

Henry Perowne est neurochirurgien. Il approche de la cinquantaine, partage sa vie avec Rosalind, mère de ses deux enfants, Theo et Daisy. Aujourd’hui, c’est Samedi. Squash, courses pour le repas du soir, visite à sa mère et dîner en famille. C’était sans compter sur un accrochage qui aura des conséquences irréparables.

Ian McEwan condense – ou plutôt étire – une journée, la modelant pour qu’elle coure sur 375 pages. Les pensées du héros imprègnent ces pages, ses atermoiements, ses joies et ses sautes d’humeur, ses agacements et ses inquiétudes. Il n’est pas le narrateur mais le seul focaliseur, celui par qui le lecteur voit le monde. Londres, l’Angleterre de Tony Blair aussi évoquée par Jonathan Coe dans Le cercle fermé, les manifestations contre la guerre en Irak, mais aussi à échelle plus réduite, sa famille. Cette dimension mêlant l’intime au global est intéressante et donne du corps au roman, pourtant pas exempt de défauts. L’auteur s’attarde sur de nombreux épisodes de la journée, qu’il décrit très précisément, quitte à lasser – interventions chirurgicales très techniques, match de squash qui traîne en longueur… Certes, il s’agit là du parti pris de Samedi, raconter le samedi (extra)ordinaire d’un homme ordinaire, privilégié mais ordinaire. Ainsi, la perception du monde à petite et grande échelle proposée par l’auteur est saisissante mais le lecteur pourra regretter un éparpillement, une multiplication des sujets et une issue peu vraisemblable.

Mon avis au sujet de ce livre est donc bien moins dithyrambique que celui de Michiko Kakutani, romancière, critique littéraire et lauréate du prix Pullitzer, qui affirme : « Non seulement Mr. McEwan a créé l’une des œuvres de fiction « post-11-septembre » les plus puissantes, mais il a aussi accompli la toute première mission du roman : montrer comment nous – quelques privilégiés parmi nous, en tout cas – nous vivons aujourd’hui. » Il manque, à mon sens, une cohérence rythmique : indolence et normalité ou peur et traumatisme, il fallait choisir.

Enfin, pour les anglophones, je vous invite à aller lire “Dover Beach” par Matthew Arnold, poème cité par Ian McEwan qui semble y avoir puisé certaines de ses inspirations.

Ils en parlent aussi : La viduité, Doucettement, Le blog de Krol, Livre et cinéma

20 réponses sur « Samedi, Ian McEwan »

Le déséquilibre entre petite histoire et histoire collective m’a gêné au vu du postulat de départ, surtout que j’ai trouvé de nombreux détails superflus. Le rythme m’a semblé très inégal et presque incohérent…

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Sweet tooth m’avait bien plu aussi !
Quant à L’intérêt de l’enfant et à Sur la plage de Chesil, j’ai seulement vu les adaptations (toutes deux étant de très beaux films).
Avec plaisir 😉 Merci à toi !

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