ZeroZeroZero ou la pureté de la cocaïne en Italie – celle ainsi labellisée étant la plus parfaite de toutes. Cette série est adaptée du roman Extra-pure de Roberto Saviano, journaliste et écrivain, notamment auteur de Gomorra, également transposé à l’écran par Canal +. Après la mafia italienne, il s’intéresse cette fois à un plan plus large, même si la Calabre et la ‘Ndrangheta ont toujours une place centrale dans l’intrigue. La série retrace le parcours de la drogue, se concentre sur les trois acteurs principaux de son trafic : le fournisseur, le courtier et l’acheteur. Trois pays : le Mexique, les États-Unis et l’Italie. Trois familles, dans les différents sens que l’on entend. Il y a les militaires mexicains corrompus soudés comme des frères (toute hiérarchie respectée) ; il y a le père, le fils et la fille Lynwood ; il y a le petit-fils Stefano et le grand-père Don Minu. Tensions et argent, meurtres et luttes de pouvoir, la mondialisation et ses ravages.

La série est riche et extrêmement documentée : dans les pas de Roberto Saviano, les scénaristes ont mis trois ans à s’assurer que tout collait à la réalité. Le plus grand soin est apporté au moindre détail, et, plus non négligeable, la série est multilingue ce qui lui confère un réalisme certain. Stefano Sollima (également scénariste de Gomorra) y tenait et il confia ainsi à Allociné : « Je cherche toujours à rendre quelque chose aussi proche de la réalité que possible. Bien maîtriser la langue contribue à créer une atmosphère étrange et électrique. » Changements de décors, changements de langues, changements de personnages, la série est instable, mouvante. Et pourtant, ZeroZeroZero prend son temps, ce qui est pour le moins étonnant. On n’attend pas d’une réalisation qui évoque les cartels, qui met en scène des fusillades, qu’elle soit lente. Pourtant celle-ci l’est. La musique, lancinante, apporte beaucoup aux chassés-croisés sur lesquels se bâtit cette série. Les flashbacks et la duplication des points de vue ont également une importance capitale, donnent du rythme tout en empêchant toute monotonie. Les trois acteurs du trafic ont chacun plusieurs membres, sont chacun semblables à une hydre et le spectateur revit donc les événements vus par l’autre tête – piano entêtant, ralentis et nous voilà repartis dans le passé, flashback donnant une autre perspective sur les péripéties vécues par ces trois groupes que tout oppose et que tout relie.  

De nombreux problèmes de société sont abordés : outre la drogue, la violence qui ravage certains villages et quartiers mexicains, ZeroZeroZero évoque également la maladie, le djihadisme et la corruption. Parfois, certains sujets semblent de trop mais la vraisemblance des plans suivants nous convaincra de l’utilité de chacun des pans de l’histoire.

Saison 1 disponible sur Canal + !

Ils en parlent aussi : Viébeurretv, Dans les épisodes précédents, 3D journal, Snobpop, Les chroniques de Cliffhanger et Co

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