Des églises, des dadas et des Harley (Jean-Paul Dubois, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon)

Ce roman a été lu dans le cadre du Prix du Roman des Étudiants France Culture / Télérama.

Chaque année, je me dis que le Goncourt est moins exigeant que l’année précédente. Et c’est plutôt positif – je n’ai jamais réussi à lire plus de cinquante pages de Boussole de Matthias Esnard…

Ici, une plume accessible, bien qu’un peu trop géographique pour être légère. Jean-Paul Dubois aime en effet se perdre dans des descriptions détaillées au millimètre près de paysages / pays / avions / cellules / églises / prisons. Oui, son héros, Paul Hansen, est en prison, au Canada, au Québec. L’intérêt principal du roman repose sur cette narration croisée puisque le narrateur et héros interrompt à intervalle régulier le récit de sa vie (depuis sa naissance jusqu’au moment critique) pour nous livrer des anecdotes sur son présent, sur sa vie quotidienne à la prison de Bordeaux (toujours au Canada), et sur ses journées partagées avec Patrick Horton, codétenu Hells Angel, gros dur très drôle (vraiment).

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est une jolie histoire, une histoire d’injustice, sur un héros mélancolique mais qui nous reste assez hermétique, dont les pensées couchées sur papier ne traduisent pas d’émotions vraiment notables mises à part cette nostalgie pour son passé, pour ses nuits avec Wiona, sa femme, et avec Nouk, sa chienne, pour ses journées à régenter L’Excelsior, immeuble paquebot dont il était l’intendant.

On lit ce roman avec pas mal d’indifférence pendant les cent premières pages avant que l’auteur ne parvienne à nous cueillir grâce à son humour et à ses descriptions (parfois) poétiques et enchanteresses des hivers canadiens (pouvant avoir un côté merveilleux à condition qu’ils ne soient pas passés à se les geler dans une prison).

Moins misérabiliste et moins dur que Leurs enfants après eux, ce Goncourt 2019 aura au moins le mérite de dérider ses lecteurs.

Ce qu’en disent les Éditions de l’Olivier ici 🙂

Ils en parlent aussi : Je me livre, Plumes et pages, Célittérature, Littécritiques, Lire peu ou Proust, Les yeux dans les livres, La bouquinerie, L’écho des livres, Les libraires masqués du grenier, La lectrice compulsive, Chroniques de Ju la brindille, Entre deux livres, Dealer de lignes, La page qui marque, Le monde de Solène, Franck’s books, Le blog de Krol, Mademoiselle Maeve, The teapot library

12 commentaires sur “Des églises, des dadas et des Harley (Jean-Paul Dubois, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon)

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  1. J’attendais ton avis sur ce Goncourt. Ton retour est plutôt positif même si je sens poindre chez toi « un ennui poli » à la lecture de ce Goncourt. J’hésite toujours à le lire pour ces mêmes raisons. J’ai peur de m’ennuyer. En plus, je n’aime pas du tout la couverture ^^ J’avais beaucoup aimé le Nicolas Mathieu pour ma part. Les Goncourt ne sont plus ce qu’ils étaient et c’est dommage. Passe une excellente soirée Cécile 😉

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    1. Un ennui poli, exactement…! 😉 après tu pourras toujours le lire en sautant quelques pages, seulement pour les passages drôles, si tu l’empruntes à la bibliothèque (il faut juste attendre que la frénésie se calme…)
      Je partage ton avis à 100%… le Nicolas Mathieu m’avait beaucoup séduite également !

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  2. Il est vrai que le héros, Paul Hansen tisse un trait d’union entre plusieurs personnages : ses parents , ascendants danois , les habitants de l’Excelsior , sa compagne, et surtout son codétenu poétiquement caricaturé dont les vies sont extrêmement fouillées .
    Pour aller de Toulouse au Quèbec , nous passons par de multiples chemins de traverse qui sont autant de caractères détaillés comme si l’auteur avait du mal à les abandonner au détriment d’un seul héros.- Au cinéma ,on dirait que tous les rôles secondaires ont de l’étoffe .
    Et si parfois on se perd dans les détails , le fil n’est jamais loin auquel le lecteur se rattrape pour connaître le dénouement de la trame policière.- la chute peut laisser perplexe mais l’écriture est souveraine !!! et le propos si humain !!!
    Quant à » leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu , lisez ma chronique , j’ai adoré ce roman jubilatoire, terriblement sensuel voire sexuel et en rien miserabilis – le style laisse pantois !!!
    Merci de l’échange livresque , c’est super d’entrecroiser les avis .

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    1. Je suis (clairement) moins emballée mais j’aime bien votre façon d’envisager le roman 🙂
      J’avais préféré Leurs enfants après eux, également chroniqué sur Pamolico, l’écriture m’avait sûrement fait plus forte impression que celle de Dubois, solme toute très simple…

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    1. C’est drôle, je n’avais pas l’impression d’écrire une chronique très positive et pourtant je fais envie à beaucoup de lecteurs 😉 l’humour et l’humanité de ces pages font passer un assez bon moment même si, à mon sens, il ne méritait pas le Goncourt…

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