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Un délice doux-amer (Orange amère, Ann Patchett)

Orange amère est l’un de ces rares romans que l’on n’a pas envie de refermer, où l’on n’a pas envie de quitter les personnages. Ce fut difficile de s’attacher à eux, de bien cerner les liens familiaux (surtout de les retenir) qui les relient. Mais une fois que la généalogie, que la toile s’est bien ancrée dans notre cerveau, quel délice.

Franny est sans doute l’héroïne, même si c’est l’histoire de sa famille qui nous est racontée, comment sa mère, Beverly, est tombée amoureuse de Bert, qui deviendra donc son beau-père, comment Franny et sa sœur s’intègrent à la fratrie formée par les quatre enfants de Bert, comment les deux filles doivent dire adieu à leur Californie chérie pour suivre Beverly et celui qui partage désormais sa vie, en Virginie. Ann Patchett revient sur les étés caniculaires, où indolence côtoie chamaillerie et lassitude des parents, sur les vacances et les échanges téléphoniques avec le père resté sur la terre natale, les Noëls qui se suivent sans se ressembler. Et puis soudain, une Franny étudiante, ça y est, qui sert au Palmer House pour se faire un peu d’argent de poche. Puis des souvenirs qui s’intercalent dans ces pages, des retrouvailles avec ses anciens compagnons de jeu, ceux qui partageaient sa chambre et sa mère le temps d’un été, avant que tout ne change, des adieux aussi, des naissances et des crépuscules.

Beaucoup de personnages donc, au sein de cette famille recomposée que l’on apprend à aimer. Si on confond les filles au début, on finit bien vite par différencier la studieuse Holly de la boudeuse Jeanette et de la colérique Caroline – ce sera plutôt les liens familiaux qui poseront souci aux moins attentifs. L’auteure ne s’amuse pas avec les points de vue dès le début, elle attend patiemment que le décor soit posé, que ses héros aient déjà des contours bien nets dans notre esprit. L’histoire est précise, elle se dessine clairement dans notre tête malgré les ellipses, les quelques retours en arrière ou les analepses. Cerise sur le gâteau de ce petit bijou, une jolie mise en abîme – peut-être un peu prétentieuse, mais qui confère encore plus de profondeur à l’ensemble.

On se rapproche des romans d’Anne Tyler, d’Une bobine de fil bleu, pour un résultat encore plus abouti semble-t-il, moins facile à appréhender, plus complexe mais aussi plus complet, avec un suspense et une attente plus importante du lecteur.

Ce qu’en disent les Éditions Actes Sud ici 🙂

Ils en parlent aussi : Les amis lecteurs, Librairie des Danaïdes, Julie à mi mot, Books, mood and more, Cunéipage, Lire dit-elle, Need some fresh books, Les lectures de maman, Charlotte Parlotte, Claja lit, Les lectures d’Antigone, Les jolis mots de Clém, Moonpalaace

17 réponses sur « Un délice doux-amer (Orange amère, Ann Patchett) »

[…] Orange amère est l’un de ces rares romans que l’on n’a pas envie de refermer, où l’on n’a pas envie de quitter les personnages. Ce fut difficile de s’attacher à eux, de bien cerner les liens familiaux (surtout de les retenir) qui les relient. Mais une fois que la généalogie, que la toile s’est bien ancrée dans notre cerveau, quel délice. Pour en savoir plus sur ce roman, rdv ici 😊 […]

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