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Choc familial (Les petites filles du soleil, Anne Tyler)

Une nouvelle fois, Anne Tyler écrit au sujet d’une famille, ou plutôt de deux. Cette fois, elle confronte les habitudes, les traditions, les manières d’être et de vivre. Les Dickinson et les Donaldson vivent aux États-Unis, à Baltimore (à l’image des foyers dépeints par l’auteure dans ses autres récits). Ils ne se connaissent pas, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent en même temps à l’aéroport, tous attendant frénétiquement aux arrivées : chacun est sur le point d’accueillir une petite fille coréenne. En effet, Bitsy et Brad, et Sami et Zima ne peuvent pas avoir d’enfants alors ils adoptent et intègrent Jin-Ho et Susan à leur quotidien, à leur routine, à leur arbre généalogique. Les deux femmes vont décider de garder le contact, comme un moyen de maintenir un lien ténu entre leur fille et leur pays d’origine. Les deux fillettes grandissent au rythme des « fêtes de la bienvenue » organisées par l’une ou l’autre des deux familles, à tour de rôle, au rythme du Nouvel An et des vacances. Elles se voient souvent, même si l’entente ne semble rapidement pas être de celles qui forment les grandes amitiés.

Outre Sami et Ziba, et Brad et Bitsy, il y a aussi leurs parents : Maryam, la mère de Sami, et Dave et Connie, les parents de Bitsy. Les autres grands-parents n’ont qu’une place secondaire et encombrent le récit plus qu’autre chose, perturbant le lecteur avec des noms pas toujours très utiles à retenir. Alors que les uns sont américains pure souche, un peu bobos sur les bords avec leur tendance à consommer responsable (avant l’heure), les autres mêlent coutumes iraniennes et folklore américain, créant leur propre culture, leur propre mélange qui donne à Susan un bagage encore plus chargé que celui de Jin-Ho, encore plus riche.

Les points de vue changent au fil des chapitres, mais toujours avec beaucoup de finesse et sans tambour ni trompette, tout juste le lecteur s’en aperçoit-il. Grâce à ce procédé récurrent dans l’œuvre d’Anne Tyler, les personnages ont une personnalité bien marquée, une certaine profondeur. Ce choc des cultures et l’évolution de deux familles sur le long court nous portent jusqu’à la fin, tendrement et avec indolence. Une nouvelle fois, l’écrivaine aura démontré sa capacité à tirer une jolie histoire des petites histoires de chacun, à l’image des jeux et des scenarii que nous inventions, enfants, faisant évoluer nos Playmobils au fil des semaines, des saisons et des années – en moins brouillon bien sûr.  

2 réponses sur « Choc familial (Les petites filles du soleil, Anne Tyler) »

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