Un adolescent et Lou Reed (Wild Side, Michael Imperioli)

Ce roman d’apprentissage n’est pas inspiré de la vie réelle de Michael Imperioli, comme on pourrait pourtant le croire à la lecture. Non, l’auteur, qui fut également acteur (notamment dans la série Les Soprano), s’est contenté de croiser Lou Reed backstage, sans le côtoyer comme son héros, Matthew, a, lui, pu le faire.

Wild Side met en scène ce dernier, un adolescent d’une quinzaine d’années, mal dans sa peau, en manque d’une figure paternelle bien qu’il clame le contraire, et attristé de voir sa mère dans un tel état – dépressif, parfois même végétatif certains jours. Puis celle-ci lui annonce qu’ils déménagent et vont s’installer à Manhattan : c’en est fini du Queens. Là, dans ce quartier qui fait rêver, Matt intègre un lycée privé et y rencontre Veronica, une jeune fille qui fait un peu penser à Maeve de la série Sex Education, mal dans sa peau elle-aussi, bien qu’elle laisse penser le contraire, sûre d’elle en apparence et arrogante bien que touchante. Il se trouve également un petit boulot et c’est de cette façon qu’il en vient à réellement rencontrer son voisin du 8ème, Lou. Véritable énergumène, instable mais indéniablement attachant, ce voisin mystérieux plaît rapidement à Matt qui ne demande pas mieux qu’à passer du temps avec lui, le plus de temps possible, quitte à s’embarquer dans des péripéties loufoques et limite glauques. En réalité, ce Lou n’est autre que le fameux chanteur, compositeur de The Blue Mask notamment. Le portrait qu’en fait Michael Imperioli est en demi-teinte, le chanteur est à la fois distant et tendre, à la fois tête en l’air et absorbé par sa musique et Rachel, lunaire et pénétré par ses passions.

Michael Imperioli fait donc revivre un monument de la musique punk (son créateur, affirmera Matt), faisant office d’un grand-frère pour son narrateur, grand-frère parfois à l’origine d’aventures sordides et d’un épisode peu glorieux pour le héros. Son style est très visuel, et les personnages et leurs actions s’impriment sur notre rétine après quelques pages à peine. Ce récit initiatique a donc des accents d’épopée aliénée d’une jeunesse des années 70, déjà prête à tout pour s’intégrer et se faire aimer.

Ils en parlent aussi : Lectures gourmandes, Dealer de lignes, Bookshionista, En tournant les pages, Il est temps de lire, Culture sur mesure, Les livres de K79

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