Les coulisses de Tinseltown (Once upon a time… in Hollywood, Quentin Tarantino)

Mon premier Tarantino… Je dois dire que je ne m’attendais pas du tout à ça. On m’avait dit « prépare-toi, de la violence, beaucoup de violence et du sang. ». On ne m’avait pas averti que les deux premières heures passeraient à un rythme d’escargot. Et pourtant. J’avoue que j’ai vraiment eu du mal à m’accrocher pendant les trois quarts du film. On est transporté dans les rues de Los Angeles au mois d’août 1969, dans l’intimité de Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) et de Cliff Booth, son cascadeur attitré devenu son homme à tout faire (Brad Pitt). Rick habite dans la maison voisine de celle de Roman Polanski et de sa nouvelle jolie épouse, Sharon Tate. Seul personnage vraiment attachant de ce film, la jeune femme (réelle égérie d’Hollywood, restée dans les mémoires à cause de sa mort atroce) est incarnée par Margot Robbie, pétillante, rieuse et touchante. Si Sharon est sur la pente ascendante et incarne le nouvel Hollywood, c’est l’inverse pour Rick : cow-boy dans des séries qui séduisent de moins en moins et surtout abonné depuis peu aux rôles de méchants, il sent qu’il vieillit et son alcoolisme latent ne l’aide pas à s’attirer les bonnes grâces des réalisateurs. DiCaprio le décrit comme « le pur produit des années 50 – le héros à la coiffure banane typique de cette décennie –, mais les temps ont changé et il est dépassé. ». Les nouveaux acteurs et ceux qui ne sont pas loin d’être au rebut ne se côtoient pas, ou très peu, et je dirais que 65% des scènes sont dédiées à Brad Pitt et Leonardo DiCaprio, alors que Tarantino avoue avoir réellement voulu rendre hommage à cette étoile éteinte trop tôt, à cette blondinette assassinée par Charles Manson, gourou hippie. Ce déséquilibre est donc un peu étonnant (surtout quand on ne connaît pas l’histoire et que l’on ignore tout de cet assassinat, ce qui était mon cas lors du visionnage, on se demande alors vraiment à quoi sert cette starlette). Autre chose, l’histoire des personnages, qui reste subsidiaire : on ne sait presque rien de leur passé, de ce qui les a emmenés là où ils sont.

D’après moi (et je ne prétends pas avoir la science infuse), Once upon a time… in Hollywood aurait clairement gagné à être raccourci d’une grosse demi-heure. 2h40, c’est trop, le rythme est vraiment pépère au départ et on décroche facilement.

Pourtant, il a tout pour lui : une bande-son au top (pépites comme les chansons de Simon & Garfunkel ou Purple Rain, avoisinant des reprises géniales de tubes de l’époque), un fond historique extrêmement riche (et exploité à fond : décors réels, utilisation d’images d’archives visionnées par les personnages, exploitation de vidéos originales où l’acteur est remplacé par un Rick très crédible), des références qui jalonnent le film (notamment Bruce Lee incarné par Mike Moh dans une scène tordante, n’en déplaise à Shannon Lee, fille de l’acteur) , un humour décalé mais vraiment substantiel, une scène finale absolument hilarante (tout en étant horrifique à la fois, du pur Tarantino si j’en crois ce qu’on m’a raconté) et un mélange des genres assez sidérant. En effet, le réalisateur joue avec les codes, intègre à son film historique des images de western, mais aussi des scènes clairement inspirées de films d’horreur (notamment lorsque Cliff Booth débarque dans le ranch de George Spahn avec toutes ces hippies hostiles et vraiment effrayantes ou bien lors des dernières minutes de la réalisation). Le réalisateur s’amuse avec les faits réels, souligne leur atrocité en les voyant d’un autre œil – mais chut, je ne voudrais pas trop en dire.

Dommage donc que le rythme m’ait à ce point gêné parce que tout était là pour que je sois comblée. Peut-être qu’avec un peu plus de références j’aurais davantage adhéré !

La bande-annonce ici 🙂

Ils en parlent aussi : Le tour d’écran, L’avis du Néophyte, Le cinéma avec un grand A, Cinérama, Culture aux trousses, Le bien-être au bout des doigts, Les chroniques de Cliff Hanger, Sélection sorties, Cornelia, Ciaovivalaculture, Cinémadroïde, Thomas Day, Cinéma et quotidien, Image mouvement, Les potins de Tif, Sparmiento, Lémo webzine, Pellicule35, Cinémathèque de Clélia,Larroseurarrose, Didisfree, Regards critiques par Henri, Cinéluctable

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15 commentaires sur “Les coulisses de Tinseltown (Once upon a time… in Hollywood, Quentin Tarantino)

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  1. Bonjour, j’ai écrit mon texte sur ce film hier… Je pense que… nous avons bien vu le même ! J’étais tellement déçu alors que j’adore Tarantino : Django, Kill Bill surtout. Bref, très déçue, j’espère que ca ne t’aura pas dégouté de Tarantino

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  2. Belle critique, belle analyse. Il est parfaitement exact que Tarentino, fou de cinéma et de séries, exige les références. Sinon, c’est vrai, ça ne fonctionne pas. Raison de plus pour voir (et revoir!) les autres Tarentino: Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Kill Bill, les plus emblématiques, et puis tous les autres sans exception. Tarentino est à chaque fois le même et à chaque fois différent!!!

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  3. Bonjour Céciloule,

    J’ai vu le film et lu lu ton article avec beaucoup d’intérêt. Personnellement j’ai adoré, alors que je n’aime pas d’habitude le cinéma de Tarantino. Le rythme ne m’a pas gênée je m’étais préparée à de longues heures au cinéma pour ce film, du coup ça ne m’a pas dérangée. Très bonne journée. Anne

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  4. Bonjour,
    Merci pour m’avoir cité à la fin de ton article.
    Je te conseille, si ce n’est pas fait depuis, de regarder d’autres Tarantino, comme les Kill Bill. Cela te donnera un autre aperçu du réalisateur.
    Même si je ne partage pas totalement ton avis, ta critique est assez bien menée.
    Bonne semaine !
    C&Q

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  5. Bonsoir, je prépare justement un article sur ce film et j’avais hâte de connaitre ton avis. Pour ma part, j’ai vraiment adoré et je ne me suis pas ennuyé une seconde. Mais en même temps j’avais déjà toute les références en tête et je suis un fan absolue de Tarantino, donc forcement je n’avais aucune chance d’être déçu. Quoi qu’il en soit, Sharon Tate (Robbie) doit être vu ici, comme le symbole de l’innocence perdue, l’égérie de ce qu’on appellera plus tard, le nouvel Hollywood. C’est en ça qu’elle est utile a l’intrigue. C’est un miroir de Rick Dalton (Dicaprio). Sa carrière décole alors que la sienne est en chute libre. Quoi qu’il en soit, je te conseil de voir d’autre Tarantino qui sont beaucoup plus abordable que ce film. Kill Bill ou Django Unchained par exemple. Là t’auras une meilleure idée de son cinéma. Et puis le rythme est moins lent.

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    1. C’est ce que je me suis dit pour cette idée de miroir, en effet, mais c’est vrai que sur le coup sans connaître l’histoire, je suis restée un peu perplexe…
      Les avis sont assez clivés : la plupart sont dithyrambiques et les autres sont très négatifs, c’est étonnant.
      Merci pour les conseils, je note ! 🙂 et j’ai hâte de lire ton avis sur la question même si j’en ai déjà un petit aperçu.

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