De l’esprit et du mordant (Les faussaires de Manhattan, Marielle Heller)

Un film étonnant, caustique et avec beaucoup d’esprit. Un peu comme l’héroïne en fait, Lee Israël, auteure ruinée qui, après avoir vendu une lettre que Katharine Hepburn lui avait adressé, réalise que ce marché pourrait s’avérer être une véritable mine d’or… Là voilà donc qui mêle ses talents de biographe à son inventivité pour créer des lettres originales et croustillantes, signant de divers noms d’écrivains et stars : Dorothy Parker, Noël Coward, Louise Brooks… Plusieurs machines à écrire sous le coude, une mémoire sans faille et des archives bien fournies, tout cela pour des pastiches plus que réussis. Jack Hock (Richard E. Grant, touchant à souhait), gentleman anglais pas si gentleman que ça, est le seul au courant de ses manœuvres douteuses et le seul aussi que Lee tolère dans sa vie – jusqu’à un certain point bien sûr. Ils évoluent donc dans le Manhattan des années 1990, d’un libraire à l’autre, d’un collectionneur à l’autre… La véritable Lee Israël réalisa ainsi 400 faux, jusqu’à ce qu’arrive l’inévitable et que le FBI découvre le pot aux roses. Morte en 2014, elle eut malgré tout le temps d’écrire ses mémoires et de raconter sa vie, après avoir si bien raconté celle des autres. C’est donc son récit qui est ici adapté au grand écran par Marielle Heller. Le titre original, Can you ever forgive me?, renvoie à l’une des phrases que Lee imagine avoir été écrite par Dorothy Parker, et il sonne plus juste, colle davantage à l’esprit de ce film, que Les faussaires de Manhattan.

C’est Melissa McCarthy qui incarne cette faussaire, et avec brio. Elle a d’ailleurs été nominée aux Oscars pour ce rôle, pour son incarnation d’un véritable personnage, peu sympathique de prime abord, attachée uniquement à son chat et à sa bouteille. Elle parvient à donner beaucoup de profondeur à cette femme, à la rendre plus humaine ou en tout cas elle arrive à nous faire deviner l’humanité qui se cache sous cette carapace. Elle confie d’ailleurs « Je cherchais toujours à comprendre ce qui poussait Lee à se cacher derrière cette façade caustique, et j’ai fini par tomber vraiment amoureuse d’elle. »

Le film est un peu lent, il ne se passe pas grand-chose et on regrette parfois qu’il dure près de 2h. Malgré tout, les personnages ont vraiment quelque chose d’inimitable, de mordant et d’attachant : ce sont donc eux (et les acteurs) qui portent Les faussaires de Manhattan à bout de bras. Grâce à eux, on passe un bon moment et on se prend rapidement au jeu.

La bande-annonce ici 🙂

Ils en parlent aussi : Image mouvement, Culture aux trousses, Movie in the air, Guillemette Callies, L’arroseur arrosé, Cornelia online, Critiquable, Vampilou fait son cinéma

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5 commentaires sur “De l’esprit et du mordant (Les faussaires de Manhattan, Marielle Heller)

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