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Un ballet macabre mais réussi (Anna, Luc Besson)

Un film qui mêle action, espionnage, stratégie et amour… Intéressant, bien mené, il nous emporte tout de suite à la suite d’Anna (Sasha Luss, mannequin russe, bonne actrice qui avait déjà joué sous la direction de Luc Besson dans Valérian), cette jolie espionne, féroce et prête à tout pour gagner sa liberté. Je n’ai pas vu Nikita et ne peux donc pas juger des similitudes entre les deux films – nombreuses si j’en crois les critiques. Ce que je peux affirmer, c’est que Luc Besson signe un nouveau film résolument féministe, avec une héroïne qui met les hommes à ses pieds, même s’ils pensent l’inverse : c’est justement là la principale force de cette réalisation, le scénario réserve une multitude de surprises et de rebondissements, il ne nous laisse pas une minute de répit et nous convainc sans mal. Pour parvenir à ces divers twists, Luc Besson use (et abuse) de flashbacks qui finissent par nous agacer légèrement. D’un autre côté, c’est grâce à eux que le suspense est au rendez-vous, et grâce à eux que ce film ressemble à ces matriochkas auxquelles Anna est si souvent comparée. C’est une série d’emboîtements qui permet au réalisateur de créer un véritable système d’énigmes qui seront résolues au prochain retour en arrière. Impressionnant donc quand on y réfléchit, mais lassant quand on y est confronté pendant près de deux heures.

Les personnages ne sont pas caricaturaux, et le film ne tombe à aucun moment dans le genre de clichés auxquels on pourrait s’attendre. Certes, Anna vient d’un milieu pauvre (voir même misérable) et la Russie de la fin des années 1980 n’est donc pas montrée sous son jour le plus noble. Le contraste entre cette désolation et le faste des hôtels où l’espionne accomplit ses méfaits permet au réalisateur de souligner la bipolarisation du monde d’alors. Au niveau historique, rien d’autre à noter, et on regrette un peu que le réalisateur ne se soit pas appuyé davantage sur le contexte qui aurait pu lui servir de base pour bâtir certains événements de la vie de sa protagoniste.

CIA, agents du KGB et hommes à éliminer (politiques, trafiquants…) se côtoient donc dans un ballet violent et macabre dont Anna est la danseuse étoile, ballerine qui serpente entre les dangers, évite les balles, louvoie, séduit et charme ses futures victimes. Immortelle ? Presque. Les yeux bleus pénétrants de Sasha Luss donnent des nuances intéressantes à son jeu et lui permettent de transformer Anna, en une tueuse tantôt d’une froideur implacable tantôt d’une apparente douceur d’agneau.

En tout cas, espérons pour Luc Besson que ce film marchera davantage que Valérian, d’autant plus que sa société de production, EuropaCorp, est en grande difficulté actuellement – ce pourquoi Anna est distribué par Pathé.

Une belle réussite selon moi (excepté le doublage, absolument catastrophique, surtout l’accent russe pas réaliste pour un sou…).

La bande-annonce ici 🙂

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19 réponses sur « Un ballet macabre mais réussi (Anna, Luc Besson) »

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