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Un rythme trop nonchalant (Sentinelle de la pluie, Tatiana de Rosnay)

Ce roman n’a, en soi, rien d’extraordinaire.

Linden est photographe, et il a posé ses bagages à San Francisco. Sa mère est Américaine et son père Français, et ils vivent en Provence tandis que Tilia, l’aînée de la famille, a élu domicile à Londres. Pour fêter l’anniversaire de mariage de leurs parents, ils se retrouvent tous à Paris pour un weekend. C’était compter sans la crue de la Seine qui menace d’engloutir la capitale sous ses eaux sales, et les imprévus qui leur tombent dessus les uns après les autres.

Il ne se passe pas grand-chose, le malaise est latent, la pluie renforce l’étouffement qui est celui des personnages. C’est d’ailleurs surtout pour la description de Paris et de ses rues submergées que le livre vaut le détour. La traduction n’est pas terrible : l’auteure se mordra peut-être les doigts d’avoir choisi de ne pas écrire ce livre en français, puisqu’elle est bilingue, à l’image de son héros. Des maladresses se sont donc glissées à plusieurs endroits dans les pages et des détails semblent un peu bêtes et agacent le lecteur – la manie que Tilia à d’appeler son frère « Mec » par exemple ou encore le dénouement (qui n’en est pas vraiment un…). Le discours indirect libre qui jalonne les chapitres est presque mal fait, on n’y croit pas, cela sonne faux. Les mots sont trop forts, ou pas assez, ils ne parviennent pas à pénétrer le récit narratif. Enfin, le rythme est lent, à l’image de l’eau qui monte avec indolence. C’est d’ailleurs pour cela que l’ambiance est plutôt bien restituée. Elle nous met mal à l’aise, le tout est presque plombant, les affaires de famille ne sont que secondaires, il s’agit seulement de non-dits et les personnages ne nous laissent pas un souvenir impérissable. L’homosexualité de Linden amène malgré tout un petit quelque chose, son histoire permet de soulever quelques questions importantes, mais si peu.

Ce livre ne restera pas dans les mémoires et n’a franchement rien de rare. Il se laisse lire, sans plus.

6 réponses sur « Un rythme trop nonchalant (Sentinelle de la pluie, Tatiana de Rosnay) »

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