Une romance historique (Cœurs ennemis, James Kent)

Une belle romance sur fond historique que Cœurs ennemis. L’époque post-seconde guerre mondiale est bien exploitée et on apprend pas mal de choses.

Au départ, Cœurs ennemis était un roman (Dans la maison de l’autre). En premier lieu, Rhidian Brook pensait  réaliser un film davantage qu’un livre, mais les éditions Penguins l’ont convaincu de coucher cette romance sur le papier. L’ensemble est tiré d’une histoire vraie, du passé du grand-père de l’auteur.

Rachel (Keira Knightley) rejoint son mari Lewis (Jason Clarke), gouverneur britannique à Hambourg, ville terriblement meurtrie par les bombardements anglais, encore plus que Londres ne l’a été par les bombes allemandes. Ils ont perdu leur fils pendant le Blitz et leur couple patauge, chacun nourrissant un ressentiment et une amertume importante envers l’autre. Ils s’efforcent de masquer leur rancœur, de faire bonne figure. Ils occupent une magnifique demeure qui appartenait auparavant à des hambourgeois, les Lubert. Lewis décide d’autoriser Stephan (Alexander Skarsgård, déjà repéré dans Big Little Lies) et sa fille Frieda, à rester. Sauf qu’il ne concerte pas Rachel au préalable… Celle-ci est tout d’abord aveuglée par sa haine envers les Allemands, ceux qui ont tué son enfant, et influencée par la bonne société britannique qu’elle côtoie lors des absences de son mari, plus que fréquentes.

Keira Knightley a étudié longuement le deuil parental pour interpréter au mieux Rachel, et ainsi parvenir à donner de la profondeur et des nuances à son jeu. C’est assez réussi, je dois dire. Alexander Skarsgård dit avec raison que ce film donne une perspective intéressante sur l’après-guerre. Il montre l’état du pays vaincu et ne se contente pas de présenter les Allemands comme les méchants perdants où un seul personnage, le « gentil », interagirait avec les héros. Cœurs ennemis s’éloigne de ce côté manichéen, et il est bien plus fin que cela dans l’analyse et dans le rendu, historique en tout cas, mais aussi psychologique.

Certes, la romance peut sembler un peu caricaturale, un peu « too much » mais c’est ce que j’ai aimé dans cette réalisation. Le contraste intéressant entre cette histoire d’amour inattendue et le contexte, bien présent grâce à l’alternance des points de vue, permet de donner du relief à l’ensemble.

Les acteurs ont un jeu intelligent, travaillé, et chaque personnage a sa place dans le film, une place méritée et importante. La caméra de James Kent ne fait pas preuve de fantaisie déplacée, elle se contente d’accompagner l’histoire, de souligner certains moments grâce à des gros plans, des champs contre champs ou des contre-plongées.

Une des dernières scènes du film m’a même fait penser à du Jane Austen dans la construction – une sorte de huis-clos au cœur d’une fête et d’une foule, un échange de regards, une atmosphère pesante et une tension grandissante – je sais que je vais me faire clouer au pilori par certains puristes / critiques qui n’ont pas aimé cette réalisation… mais j’assume !

La bande-annonce ici 🙂

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8 commentaires sur “Une romance historique (Cœurs ennemis, James Kent)

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  1. Tu as raison d’assumer! Moi je n’ai pas non plus boudé mon plaisir, j’ai beaucoup aimé. Je suis allée le voir en v.o un petit bijou. Je viens d’acheter le livre et je l’attaque dès ce soir. Je compte aussi écrire un ptit billet dessus. Le casting est très bon.

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