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Un travail d’orfèvre (Le vent de la liberté, Michael Bully Herbig)

Ce film est tiré d’une histoire vraie.

Nous voilà transportés en RDA dans les années 1980, dans le quotidien de la famille Strelzyk. Deux fils, une mère, un père. L’école pour les enfants, le travail pour les parents, ou autant de lieux où ils sont épiés. Difficile de voir régulièrement leurs amis les Wetzel, avec qui ils veulent s’enfuir, loin – pas tant en termes de distance, mais en termes d’oppression. La Stasi est partout, et malgré une apparente légèreté qui transparaît dans les premières minutes du film, on comprend rapidement que ce n’est qu’une illusion. Les deux fils sont surveillés à l’école, les voisins ont des yeux qui traînent, les collègues encore plus, la Stasi a des espions partout.

La solution qu’ils ont trouvée c’est de coudre. Alors ils cousent. Ils cousent pour s’envoler vers la liberté, loin de l’oppression de la RDA et du régime de Erich Honecker. Leur ballon sera artisanal mais il sera beau. Il sera beau parce qu’il représente l’espoir et la liberté, il sera beau parce qu’il résultera d’une association de couleurs et de bouts de tissus disparates. Il sera beau pour le travail qu’il aura nécessité, et il sera beau parce qu’il sera la promesse d’une vie meilleure, pour Doris et Peter et pour Franck et Fitscher.

Ce film est un véritable travail d’orfèvre. Les régulières alternances de focalisation, qui s’intensifient davantage encore vers la fin, permettent de faire grimper un suspense qui devient presque insoutenable. L’enquête de la Stasi progresse, les préparatifs avancent. Les deux « clans » occupent l’écran successivement et peu à peu l’histoire se précise. Mais Michael Bully Herbig nous mène par le bout du nez jusqu’à la dernière minute, et jusqu’au dernier instant, nous avons un nœud à l’estomac, le cœur qui palpite et les mains moites. Alors merci, merci Disney d’avoir accepté ce remake allemand – puisque le réalisateur nous confie que les deux familles avaient vendu les droits à vie au studio Hollywoodien. Les recherches qu’il a mené permettent au film d’être réaliste, fouillé, soigné. Le réalisateur est sur ce projet depuis des années.

Les personnages sont attachants, ils parviennent réellement à nous faire nous projeter, à nous faire nous imaginer dans leur situation. La manière dont est construit Le vent de la liberté permet au spectateur d’être totalement pris dans l’histoire (et l’Histoire) et on se prend au jeu, on se sent Allemands et on compatit, on revient en arrière, pendant la Guerre Froide et on assiste, impuissants à la réalisation du destin d’une famille qui aurait pu avoir le même que des centaines d’autres. Un peu de témérité pour espérer vivre mieux, voilà ce qu’exige une vie passée dans une dictature. Facile à dire mais tellement admirable.

Alerte spoiler : fuyez la bande-annonce !

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