Un roman choral léger (Paradise City, Elizabeth Day)

Une journaliste, Esme, un businessman malheureux, Howard, une veuve, Carol et une émigrée ougandaise, Beatriz. Tous vivent à Londres et vont être amenés à se croiser dans de bien sombres circonstances

Elizabeth Day consacre un chapitre à chaque personnage, se pliant à cette alternance durant tout le roman. Chacun a ses particularités mais il reste difficile de réellement s’attacher à eux. Quelques vagues d’affections saisissent le lecteur à certains moments mais elles ne sont que passagères. Des détails chez eux agacent, d’autres laissent perplexes mais certains les rendent humains, permettent le parallèle entre la vie réelle et le monde fictionnel, et nous arrachent un sourire. Esme est trop inactive, victime qui subit – elle est célibataire, ne vit que pour son métier et dans le fantasme de son patron. Carol, elle, a parfois des attitudes séniles alors qu’elle n’en a pourtant pas l’âge à en juger par la fin du livre. Quant à Howard, il inspire du mépris dès les premiers instants, mépris qu’il est bien difficile à dépasser. Beatriz est la seule qui parvient à éveiller une réelle sympathie : son histoire est touchante et son personnage aussi. La première moitié du roman conquit presque mais la deuxième partie est moins enlevée, peut-être plus convenue. Le suspense est donc là sans être là et l’issue reste trop téléphonée : certes certains éléments de la révélation finale sont surprenants mais ils semblent presque trop beaux pour être vrais. Tout paraît, malgré tout, trop facile.

En ce qui concerne les rouages de l’histoire en elle-même, le lecteur se prend au jeu, se surprend à attendre d’en savoir plus, de mieux comprendre ce qui se passe. Comme dans L’invitation, Elizabeth Day confronte plusieurs milieux sociaux au sein d’un même environnement restreint et leur fait faire face à un événement déroutant pour mieux comparer la réaction de chacun, pour montrer que nous sommes tous humains face au pire. Présenté de cette façon, le roman fait penser à une chronique sociale sauf que Paradise City se lit très facilement et ne tombe à aucun moment dans des descriptions minutieuses ou dans un certain misérabiliste, ce qui le rend à la fois plus et moins crédible.

En bref, un bon petit livre qui se lit tout seul mais qui n’est pas à la hauteur de L’invitation.

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4 réflexions sur “Un roman choral léger (Paradise City, Elizabeth Day)

    1. L’invitation est vraiment un bon roman, l’alternance des points de vue apporte quelque chose d’indéniable à l’histoire qui est déjà très bien pensée et ces aller retour entre passé / présent ne pouvaient que me séduire… je ne peux que vous le conseiller 🙂

      Aimé par 1 personne

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