Grandir ne fait pas que mal (Amanda, Mikhaël Hers)

Déjà, avant d’aller voir le film, il faut savoir que la mère d’Amanda meurt dans une attaque terroriste. Les images restent assez pudiques mais le choc que l’on ressent est sans doute diminué si l’on connaît la cause du décès de Sandrine avant le film. Sinon, on se sent dépassé, totalement, par la violence du monde actuel, et on ne parvient pas à surmonter cette amertume et à faire fondre notre boule dans la gorge. Mikhaël Hers a déclaré penser que « le film ne pouvait pas faire l’économie de montrer les images de l’attentat, cela aurait été une fausse pudeur » et je partage son avis mais mieux vaut rentrer dans la salle en connaissance de cause, pour atténuer le choc.

Heureusement, cet événement tragique qui chamboule la vie des héros n’est pas rabâché pendant l’ensemble de la réalisation. Certes, c’est le point de départ de toute l’histoire, mais ce film, c’est davantage la vivacité et la gaieté qui rattrapent la mort, le Paris d’aujourd’hui, la violence croisée au détour d’un chemin et la vie qui reprend doucement mais sûrement ses droits.

Amanda, c’est l’histoire d’une petite fille et surtout de David, un jeune de vingt-quatre ans, qui se sentait plus du côté des enfants que des adultes. Encore adulescent (Vincent Lacoste, qui donne ce qu’il faut d’émotion et qui rend parfaitement le côté gauche et maladroit de son personnage), il perd sa sœur et doit s’occuper de sa nièce et se retrouve ainsi brutalement forcé d’être totalement adulte. Enfin non, il ne doit pas vraiment prendre soin d’Amanda, il s’en sent la responsabilité, il veut que la petite soit heureuse et il était tellement proche de Sandrine (Ophelia Kolb, dévouée à sa fille et rayonnante)… La gamine de sept-ans (Isaure Multrier, novice fabuleuse et à croquer) a une certaine maturité dans le regard, dans ses grands yeux bleus pétillants de malice, de tristesse, de larmes mais à tout moment de gourmandise. Elle finira par retrouver son sourire, après s’être réfugiée dans un mutisme pudique, refusant de parler de sa mère. Bien sûr, le mérite en revient à David qui saura peu à peu l’apprivoiser elle, mais aussi apprivoiser sa vie, ses amours naissants, ses émotions et ses relations familiales pour le moins chaotiques.

Amanda, c’est aussi l’histoire d’un amour et d’une complicité qui éclosent, du bien que se font un enfant et son jeune oncle, chacun permettant à l’autre de se sentir plus heureux.

La bande annonce ici 🙂

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