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Un roman du XXIème siècle (Freedom, Jonathan Franzen)

Là encore, l’histoire d’un couple, d’une famille, qui s’aiment, qui se déchirent et se re-aiment.

La construction du roman est originale : l’autobiographie, écrite à la troisième personne, de Patty (inventée par Franzen) est encadrée par des passages exprimant la vision de son couple, de sa famille, par le voisinage. Ainsi, l’auteur donne une perception extérieure des personnages principaux, au début de leur vie conjugale et au crépuscule de celle-ci. D’ailleurs, s’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à Jonathan Franzen, c’est de ne pas être objectif sur ses héros. Au contraire, le fait que chacun des chapitres (longs d’une centaine de pages) se concentrent plus ou moins sur l’un d’eux et sur ses interactions avec les autres protagonistes permet de donner du recul au lecteur sur Patty, Walter, Joey, Jessica et Richard bien sûr. Si ces derniers se voient accorder une attention toute particulière – Jessica peut-être un peu moins – les personnages secondaires ne sont pas en reste et ont une profondeur non-négligeable.

Au départ – et par la suite aussi – c’est le célèbre mythe du trio amoureux qui est revisité. Patty choisir Walter, le gentil Walter, le défenseur des oiseaux et de la nature, l’écologiste en herbe. Aurait-elle dû préférer celui pour lequel elle s’est rapprochée de Walter en premier lieu, le chanteur, l’excentrique, égocentrique Richard ? Plusieurs années plus tard, c’est l’heure du bilan, puis plus tard encore du règlement de comptes et des regrets, de toutes parts.

Freedom, c’est le récit de la soi-disant liberté éprouvée par les héros dans l’Amérique du début du siècle. Sauf qu’ils ne sont pas réellement libres, même s’ils se comportent en tant que tels : les relations les liant aux autres, leurs idéaux, leur morale, tout cela n’est qu’un carcan contre lequel ils finiront par arrêter d’essayer de lutter.

Le ton est âpre, rude, parfois même glauque, et le lecteur doit subir quelques longueurs (notamment sur les métiers des divers personnages, et préoccupations liés à celui-ci), mais, au final, c’est un manifeste. Oui, parce que, la société qui est dépeinte, c’est bien la nôtre, celle qui est en train de ruiner la Terre, celle qui aime voir ses intérêts passer avant ceux des autres, celle qui s’endort sur ses convictions pour mieux assouvir son désir immédiat.

 

Pour en savoir plus sur le roman, la fiche de l’éditeur original est ici 🙂

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