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L’amour n’est pas simple (Sur la plage de Chesil, Dominic Cooke)

Oui, à nouveau la critique d’une adaptation d’un roman de Ian McEwan. Ce n’est pas calculé pourtant, pas une seconde.

Ce film est fait tout en finesse.  Au départ, on pense qu’il se composera uniquement de la scène de la nuit de noces de Florence et d’Edward, intercalée de moments permettant de retracer leur histoire. La maladresse et la gêne des deux héros sont palpables et font rire le spectateur qui, sûrement, se rappelle de son propre embarras lors de sa première fois. En filigrane de cette touchante gaucherie, donc, des extraits de la vie de Florence entre ses parents riches et autoritaires et sa petite sœur adorable, et de celle d’Edward entre une mère complétement folle, des sœurs jumelles mignonnes et un père un peu dépassé. Le rythme du film est donc assez particulier, nous charme et, de prime abord, on pense qu’il restera le même durant l’entièreté de l’œuvre. Mais non, un événement survient, nous surprend, nous choque et le réalisateur parvient à nous transporter des années plus tard, toujours avec une grande finesse, tout en suggestion, et surtout, en démystifiant la sacrosainte nostalgie britannique pour les années 60. L’éducation sexuelle n’existait pas, les prolétaires étaient rejetés du monde bourgeois, les pères de famille étaient autoritaires et le patriarcat semblait ne jamais vouloir se retirer. La musique. Voilà ce pourquoi les années 60 avaient du bon, d’après l’interprétation de Dominic Cooke. La complicité des deux acteurs qui se connaissaient déjà (Saoirse Ronan et Billy Howle) est intéressante à voir à l’écran, et confère une dimension plus profonde encore au chef d’œuvre de McEwan, enfin au cinéma, après des années de tergiversation.

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire, pour ne pas trop en dévoiler : comme pour My Lady, beaucoup de non-dits, et un événement qui perturbera à jamais le fil des existences entremêlées des héros, sur la plage de Chesil.

La bande-son, alternant entre musique classique chère au cœur de la rousse et intellectuelle Florence, et jazz ou rock rock’n’roll chers à celui du touchant Ed, parvient à accompagner tout en douceur la réalisation. Mozart et Chuck Berry donnent donc le la et subliment l’histoire bouleversante livrée par Ian McEwan.

 

Un aperçu du film ici 🙂

3 réponses sur « L’amour n’est pas simple (Sur la plage de Chesil, Dominic Cooke) »

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