Une véritable fresque sociale française (Vernon Subutex 3, Virginie Despentes)

La fascination un peu morbide de Virginie Despentes pour les grandes orgies collectives du genre partouze qui ressortait à outrance dans ses œuvres précédentes n’apparaît que peu – voire pas du tout – ici. En réalité, ce livre semble être la version adulte de ses romans/essais précédents : une leçon de vie, un bilan d’une société meurtrie d’après le 13 novembre, un panorama de gens tous plus égarés les uns que les autres.

C’est d’ailleurs là que réside la plus grande force de cette auteure, cette faculté qu’elle a, à dresser des portraits de personnages tous plus hauts en couleur les uns que les autres et surtout ayant tous des opinions différentes – réellement, voire même radicalement différentes. D’un chapitre à l’autre, elle navigue du point de vue d’un nationaliste raciste à celui d’une jeune musulmane tout juste convertie, en passant par l’histoire d’une femme perdue tout juste ménopausée et divorcée, ou de celle d’un addict aux séries, traumatisé par une effraction. Ce livre, c’est donc une panoplie de héros – parce que c’est cette diversité, ce paysage si varié qui constitue le roman, roman qui n’existerait pas s’il reposait uniquement sur Vernon. Ces perspectives si différentes se mêlent et une représentation de la France d’aujourd’hui se tisse, puisque Vernon Subutex, c’est avant tout la tentative de montrer à quel point notre pays se constitue de personnes aux antipodes les unes des autres qui réussissent pourtant à cohabiter, à s’entendre. Ces « convergences » dont il est question, ces événements musicaux organisés par la « bande à Subutex » sont constitués de Sélim – musulman non pratiquant, de Xavier, le conservateur raciste, d’une ancienne actrice porno, et bien d’autres. Tout ce petit monde gravite autour de la musique, et tout va bien. Jusqu’à…

Le seul élément qui dessert le livre reste la fin. L’épilogue part dans une divagation post-apocalyptique et les dernières pages retracent un événement dont on ne connaît pas réellement l’origine. Dernière note décevante, donc !

Pour vous faire une idée par vous-même : c’est ici !

Et si Virginie Despentes vous intrigue (et il y a de quoi !) : c’est là.

2 réflexions sur “Une véritable fresque sociale française (Vernon Subutex 3, Virginie Despentes)

  1. Ping : Arène, Négar Djavadi – Pamolico, critiques romans, cinéma, séries

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