Un roman ? Vraiment ? (La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez)

Ce livre est une mine d’or. Tellement riche.

Je n’ai pas employé le terme « roman » à dessein. Même si l’histoire de Mengele est bien évidemment romancée, et même si certains éléments comme son état d’esprit à tel moment T ont été imaginés, on prend ça bien plus au premier degré qu’on ne le ferait avec une fiction. Heureusement en même temps. Mais est-ce que ce ne serait pas un peu mentir sur la marchandise ? Ou mal l’évaluer, peut-être plutôt. Les sources sont tellement fiables, les informations tellement précises, qu’Olivier Guez nous perd à certains moments, nous noie dans la réalité dont il veut se rapprocher au plus près – et c’est tout à son honneur. Tant de noms allemands, si semblables les uns aux autres pour nos oreilles francophones et novices, tant de péripéties et de planques successives.

On ressort grandi de cette lecture. On en apprend tant sur les années de cavale de l’ange de la mort, mais aussi sur les événements géopolitiques se déroulant tant en Amérique Latine, qu’en Israël, aussi bien sur la dictature de Perón que sur la guerre des 6 jours, sur les Procès Nuremberg que sur la Guerre de Corée.

L’écriture franche et détaillée de Guez est fluide, et parvient malgré tout à intégrer ce flot d’informations à ce qui reste « l’histoire ». Il brode, décrit certains des sentiments du héros macabre, presque comme s’il le connaissait, et c’est ça qui en est inquiétant. Parce que l’auteur a dû se mettre dans la peau du tueur en fuite. Et à en juger par ces pages, il y est parvenu.

Quelques bribes sont illisibles tant l’horreur est grande – relativement peu – surtout celles relatant les cauchemars de Mengele, ou bien ces regrets concernant sa grandeur passée. Et révolue. Car l’ange est déchu. Abandonné. D’ailleurs, en refermant cette œuvre, on peut se demander si Mengele aurait réellement plus souffert en ayant subi la sentence de la justice qu’en vivant dans la peur des années durant, devenant fou de terreur à certains moments, pour finalement le rester, seul et répudié par tous.

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