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Romans étrangers

Une satire cruelle (Trente ans et des poussières, Jay McInerney)

Un livre sur et pour les bobos. Voilà ce qu’on se dit en ouvrant Trente ans et des poussières. Mais il s’avère que c’est un peu – même beaucoup – plus que ça. Dans une écriture parfois dure à suivre car très foisonnante et s’attardant sur de nombreux personnages, Jay McInerney dresse le portrait pas tout rose d’un couple de jeunes mariés new-yorkais. Ils évoluent dans les années 80. Lui est éditeur, ou plutôt il tente de faire entendre une timide voix face à son patron, mais n’impose pas grand-chose ; et elle est courtière en bourse et hait ce qu’elle fait. Jusqu’à ce qu’il décide qu’il veut plus, jusqu’à ce qu’elle décide qu’elle n’en peut plus. Les choses commenceront alors à déraper, tout doucement, pour peu à peu les entraîner dans une spirale infernale que rien n’arrête. Les tentations se font grandes pour le courtisé Russel, la pression et la jalousie immenses pour la névrosée Corinne. Les hommes et les femmes les entourant sont dépeints d’une manière efficace et précise – les séductrices jalonnent le roman, telles des bornes le long d’un chemin, de même que les drogues, alcools, et autres addictions laissent échapper un fumé alléchant jusqu’au nez de nos deux protagonistes par le biais de leurs amis. Des admirateurs de jeunesse, des écrivains perturbés ou en panne – ou les deux, des parents amers, des copains de beuverie et de bêtises, des collègues aguicheurs, une bourse capricieuse et des prêteurs peu scrupuleux. Tout concourt à former cette tentation qui émane de chaque page pour mieux attirer Russel et Corinne dans ses filets.

Alors, rapidement vient cette question que tout un chacun se pose : un couple peut-il durer ? Encore mieux, un couple soumis à des tiraillements extérieurs incessants, peut-il y résister et se renforcer ? Interrogation soulevée par la quatrième de couverture, je ne révèle donc rien, pas d’inquiétude.

Personnellement, je vais m’empresser de dévorer les deux tomes suivants…

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